NON CLASSÉ

Le drame de Mayerling

Le 30 janvier 1889, on fait une découverte dramatique à Mayerling. C’est une localité à environ 25 km au sud-ouest de Vienne en Autriche. Il y a là, un pavillon de chasse. Il ne s’agit d’une banale cabane de chasseurs. C’est un ancien monastère cistercien du XIVème siècle (devenu un monastère de carmélites), acheté en 1887, par l’archiduc Rodolphe (né le 21 août 1858), fils et en principe héritier de l’Empereur François-Joseph et dont la mère n’est autre que Elisabeth de Bavière, plus connue sous le nom de Sissi. Or, c’est dans ce pavillon que le 30 janvier 1889, Rodolphe est retrouvé mort avec sa maîtresse Marie Vetsera, une noble autrichienne.
 Double suicide ou meurtre de Marie, suivi du suicide de Rodolphe ? On n’avait pas Paris-Match, ni Gala, ni Voici, etc…pour nous dire la vérité. Chacun aurait eu la sienne, bien entendu. En tout cas, c’est ce qu’on a appelé le « drame de Mayerling ».

Ce que l’on sait, c’est que Rodolphe était tenu à l’écart de la vie politique par son père qui se méfiait de ses opinions libérales. Car Rodolphe ne veut plus de ce pouvoir autocratique et penche pour la république, comme en France depuis 1870. Il ose même écrire dans un journal d’opposition qu’il préfère le régime français, alors que son père est un adepte de l’Empire allemand né à Versailles le 18 janvier 1871. Voilà pour le contexte politico-familial.

Dans sa vie personnelle de Rodolphe, c’est une autre affaire. Bien sûr, comme tout futur Empereur, il doit se marier et avoir au moins un héritier. En 1881, il se marie avec Stéphanie de Belgique (née le 28 mai 1864) qui n’a donc que 17 ans.

De cette union, naît en 1883, une fille Elisabeth-Marie (qui vivra jusqu’en 1963). Seulement voilà, Rodolphe collectionne tant de maîtresses qu’il est atteint de maladies vénériennes. Qu’il transmet à son épouse qui en devient stérile. Parmi ses maîtresses, on trouve Marie Vetsera (née le 19 mars 1871) avec laquelle il a fait facilement connaissance puisqu’elle était une proche de Sissi.

Rodolphe était de tempérament dépressif et avait déjà songé à se suicider. En clair, il était mal dans sa peau. Mais il voulait être accompagné dans la mort par une de ses maîtresses. Curieuse attention, dira-t-on ! D’ailleurs, l’une d’entre elles, Mizzi Kaspar, a refusé ce « privilège ». « Non merci » aurait-elle pu dire avant de s’évaporer dans la nature, après avoir averti la police qui n’a pas accordé d’importance à une fille qui n’était considérée que comme une vulgaire courtisane
autrement dit, prostituée de luxe. 
Donc, ce fameux 30 janvier 1889, les corps de Rodolphe et de Marie sont
retrouvés morts, gisant dans le sang. L’Empereur a essayé de cacher ce drame et a réussi à obtenir du pape Léon XIII que le corps de son fils soit inhumé. Les certitudes s’arrêtent là. Et commencent donc les hypothèses, les suppositions qui alimenteront jusqu’à nos jours, films, livres, émissions de radio, puis de télévision.

Le feuilleton de Mayerling fait toujours recette. Même Stéphane Bern, sur Europe 1 avait invité des historiens chercheurs. Le problème est que des chercheurs qui cherchent, on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche. Ce qui veut dire que l’énigme n’a pas été résolue.

A partir de maintenant, le conditionnel est de rigueur.
– Ainsi il a été dit que Rodolphe aurait été assassiné car il aurait refusé de comploter contre son père pour le remplacer. On avance pour preuve qu’il aurait été découvert avec une blessure à la tête.
– Autre hypothèse : l’assassinat aurait été commandité par Bismarck inquiet de sa francophilie. 
– Son épouse, Marie de Belgique, lassée de ses infidélités, l’aurait fait
assassiner.
– Sa liaison avec Marie Vetsera serait incestueuse car elle serait née d’une relation avec sa mère.
En pleine époque du romantisme, il suffit de faire marcher son imagination. Et aujourd’hui, le but est de faire de l’audience…

 Jean-Claude  STEIB

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