L’HISTOIRE JOUR APRÈS JOUR

TASLIMA NASREEN

 Le 25 août 1962 nait Taslima Nasreen à Mymensingh  (Bangladesh). C’est une femme de lettres qui se bat pour  l’émancipation des femmes et contre l’obscurantisme religieux  au Bangladesh. 

Sa famille est d’origine paysanne. Adolescente, elle écrit déjà des  

poésies et publie même dans un magazine littéraire « Lumières des ténèbres » entre 1978 et  1983. Poursuivant des études, en 1984, elle obtient la qualification de docteure en  gynécologie. Elle exerce alors dans une clinique du Planning familial à Mymensingh, puis à  Dhaka (capitale du Bengladesh) à partir de 1990. 

Son premier recueil de poésies, écrit en 1986, connaît un certain succès. Puis elle se met à  écrire des romans. Mais dès le 27 septembre 1983, elle a été l’objet d’une fatwa (jugement  édicté par la loi islamique : sa tête est mise à prix pour avoir critiqué l’islam dans son pays, à la  suite de la parution de son livre « Lajja » qui dénonce l’oppression sur une famille hindoue. On  ne rigole pas avec ça ! D’autant que le livre a inspiré un film qui sortira en 2001.  

Taslima Nasreen est obligée de s’exiler en 1995. Elle se retrouve en Europe : Berlin, Stockholm,  et finit à New York (Trump n’est pas encore là). Elle avait demandé la nationalité indienne qui  lui a été refusée. Les musulmans n’ont jamais été bien vus en Inde. Il lui arrive quand même  d’y faire des conférences. A la suite de l’une d’elles, un groupe islamiste offre 800 000 roupies  (environ 7 800 euros) pour sa décapitation ! Étant à Calcutta, sa présence provoque des  incidents violents, on est obligé de l’exfiltrer pour ses propos considérés blasphématoires. Et il  est interdit de publier sa simple biographie. Il y a intérêt à faire attention à ce qu’on dit ! 

En face d’elle, on ne fait guère preuve de courage. La jugeant encombrante, on ne lui délivre  plus de visas temporaires. En 2008 , elle reçoit le prix « Simone de Beauvoir, qui vient juste  d’être créé pour défendre la liberté des femmes, après avoir rencontré la jeune association  « Ni putes, ni soumises ». C’est à ce moment-là que le 7 juillet 2008, elle est faite « citoyenne  d’honneur de la ville de Paris ».  

Le 2 octobre 2010, elle est scandalisée que sa publication dans le « Kanadda daily (organe  ougandais) soit suivie d’émeutes, faisant 2 morts. Elle en est amenée à nier être l’auteure de  ces écrits !! Le 17 août 2022, lorsque Salman Rushdie est durement agressé, elle écrit dans le  journal « Le Monde » qu’elle n’est en sécurité nulle part. C’est pire après la mort de Masha  Amini en septembre 2022.  

Le 30 avril 2010, dans le « Figaro Madame », elle énonce ses trois grandes idées :

– Les récits religieux sont oppressifs à l’égard des femmes ; 

– La misogynie des fondamentalistes ; 

– Les conflits idéologiques sont surtout entre fondamentalisme et laïcité. Taslima Nasreen doit faire preuve de courage et de sang-froid face à ces menaces  permanentes. Pourtant, chacun et chacune devrait se battre à ses côtés pour défendre les  libertés des femmes, donc de tout le monde. 

Elle a publié plus de 130 livres : poésies, essais, romans, nouvelles, traduits dans plus de 20  langues. Certaines poésies ont été mises en musique, rassemblées dans « The cry ». En 2011,  elle a été faite docteure « honoris causa » de l’université catholique de Louvain (Belgique). 

Dans le calendrier républicain, le 25 août est le jour de l’apocyn, variété d’asclépiade, encore  appelée herbe à ouate ou herbe à perruches.

LOUISE WEISS

Louise Weiss était une femme de lettres, féministe, femme  politique. Entre 1979 et 1989, elle a été la doyenne du Parlement  européen, élu pour la première fois au suffrage universel.  

Née en 1893, d’une famille aux racines alsaciennes, elle obtient dès  l’âge de 21 ans, l’agrégation de lettres féminine (jusqu’au début des  années 60, il existait une agrégation masculine et une agrégation  féminine). À 23 ans, elle est diplômée de l’université d’Oxford, une référence ! Louise  s’intéresse plus particulièrement aux relations internationales. 


Mais voilà qu’en 1914, c’est la guerre. On n’a guère besoin de littéraires : elle s’engage comme  infirmière. Après 1918, elle revient à l’écriture et s’engage en politique. Elle écrit dans  « Radical » (quotidien politique et littéraire) et dans « L’Europe nouvelle » (hebdomadaire qui  aborde des sujets économiques). Dans ces deux organes de presse, elle y développe des idées  pacifistes. Puis de « L’Europe nouvelle », elle passe au « Petit Parisien » qui l’envoie faire des  reportages dans les pays de l’Europe de l’est, toujours avec des convictions pacifistes. Mais  pour écrire, elle s’entoure de personnalités, telles que :  

– Louis Joxe (1909-1991), député et ministre ; 

– Henri de Jouvenel (1876-1935) journaliste et diplomate,  

– Wladimir d’Ormesson (1888-1973) journaliste et écrivain ; 

– Aristide Briand (1862- 1932): député puis ministre, pacifiste ; 

– Léon Blum (1872-1950) : Président du Conseil du Front populaire de 1936 ; – Paul Valéry (1871-1945): écrivain. 

Elle savait s’entourer pour la coacher comme on dirait aujourd’hui. Seulement en janvier 1933,  quand Hitler arrive au pouvoir, des dissensions se font jour dans « L’Europe nouvelle » qu’elle  quitte. Son dernier article date du 3 février 1933.  

Au printemps 1936, lorsque la gauche arrive au pouvoir, Louise Weiss est sollicitée pour un  poste ministériel. Elle refuse arguant qu’elle préfèrerait être élue que nommée. Elle n’en  est pas moins très active en participant ou organisant des manifestations qui se veulent  pacifistes : 

– Au stade Yves du Manoir, lors de la finale de la coupe de France de football : des  femmes brandissent des banderoles féministes ; 

– Distribution de myosotis aux députés. Or le myosotis signifie : « Ne m’oubliez pas ! »  (« Forget me not » en anglais) ; 

– Offre de chaussettes aux sénateurs pour leur signifier qu’il y a toujours une femme pour  les raccommoder ;

– Occupation du champ de courses de Longchamp avec des slogans féministes ; – Des femmes s’enchaînent place Royale (VIIIème arrondissement).  

Le 31 décembre 1938, elle crée un comité d’accueil pour les réfugiés espagnols en guerre  civile. Lorsque la France est envahie en mai 1940, Louise Weiss propose d’utiliser des femmes  pour la défense passive. Elle ne rejoint pas de Gaulle parti à Londres en juin, mais elle reste  une opposante résolue à Pétain. Elle va aux Etats-Unis récupérer des médicaments pour les  plus démunis.  

Après la guerre, elle fait de nombreux voyages à l’étranger. Elle sera parmi les journalistes qui  couvrent le procès de Nuremberg (30 novembre 1945-1eroctobre 1946).  

En 1971, Louise Weiss crée une fondation pour contribuer à faire avancer la paix. Parmi les  lauréats, on trouve : Helmut Schmidt (chancelier allemand), Anouar el Sadate (Président de la  République d’Egypte), l’ONG « Médecins sans Frontières ». 

Fidèle à ses convictions européennes, elle se présente aux élections européennes en 1979 qui,  pour la première fois, se font au suffrage universel. Elle est élue et se trouve être la doyenne à  76 ans. C’est à elle de faire le discours d’ouverture. Pour lui répondre, un député se lance dans  un laïus soporifique. Elle lui envoie un « Silence, jeune homme ! » qui lui clôt le bec. 

Louise Weiss s’éteint le 26 mai 1983, à 90 ans. Sa sépulture est à Magny-les-Hameaux  (Yvelines). Son nom a été donné à une allée du château de Rohan, sur la commune de Saverne  (Bas-Rhin). Sa correspondance a été conservée à la Bibliothèque nationale de Paris, ainsi qu’à  la bibliothèque universitaire de Strasbourg. La Poste a émis un timbre à son effigie le 15 mai  1993.  

Louise Weiss a marqué son temps par son parcours politique appuyé sur le pacifisme et la  défense de la cause des femmes.

SUZANNE COINTE

Suzanne Cointe a été guillotinée le 20 août 1943 à la prison de Plötzensee de Berlin. Elle  était née à Paris le 27 juillet 1905d’un père , commandant de l’Ecole Polytechnique, muté à  Versailles en 1909 et ensuite à Besançon d’une mère d’origine polonaise.  

Suzanne a suivi des cours dans un pensionnat. Lorsque son père meurt en 1917, la famille  s’installe à Paris. Au début des années 1920, elle est à l’École Normale de musique. Son frère  François a été dirigeant d’une entreprise de chemin de fer. Son autre frère, Jacques, était  Saint-Cyrien. Elle a fait une carrière de pianiste, de musicienne. C’était aussi une militante  communiste dans le cadre de « l’Orchestre rouge » qui est un ensemble de réseaux  d’espionnage en contact avec l’URSS. Elle a donné des cours de musique et a aussi enseigné  l’allemand et le français.  

En 1928, elle est la compagne de Paul Dreyfus, cinéaste connu sous le nom de Jean-Paul Le  Chanois (1909-1985). Le couple fréquente des artistes, comme le poète Jacques Prévert (1900  -1977). Suzanne s’intéresse aussi à la politique, notamment au communisme, comme on  pourrait s’en douter. Elle est membre de l’AEAR (Association des Ecrivains et Artistes  Révolutionnaires). Elle participe à une chorale qui se réclame du réalisme soviétique. Par  exemple, elle a chanté « L’appel au Kommintern » de Peters Rosset, musicien et compositeur,  « le chant des chômeurs » du compositeur Hans Hessler. 

Comme Suzanne servait de boîte aux lettres à des organisations communistes, elle était  surveillée par la police. Le 15 décembre 1934, elle peut déclarer qu’il y a une musique écrite  pour les prolétaires, inspirée par leurs vies, leurs luttes. En juin 1935, l’AEAR devient la FMP  (Fédération Musicale Populaire) dont elle est la secrétaire. En octobre 1936 est créée la  Chorale populaire de Paris, à laquelle elle appartient. Ses contemporains ont noté son aspect  froid, mais qu’elle était très proche des musiciens.  

Suzanne vivait de ses cours de musique, en faisant la promotion de la Chorale populaire de  Paris. C’est elle qui dirige cette chorale pour le film de Jean Renoir (1894-1979) : « La vie est à  nous », sorti en 1936. 

Solidaire des Républicains espagnols en lutte contre Franco, elle reçoit des réfugiés dans sa  maison de St-Germain-en-Laye. Mais le 6 novembre 1938, elle démissionne de son poste de  secrétaire à cause de dissensions à l’intérieur du parti communiste dont dépend la FMP.  

A l’arrivée des Allemands en mai 1940, elle se réfugie à Bressuire (Deux-Sèvres), puis revient à  Paris au cours de l’été. Les Allemands réquisitionnent les locaux de la Maison de la culture  qu’ils détruisent. Mais dans leur délire, ils oublient de détruire les partitions. Néanmoins, des  Juifs appartenant à la chorale sont déportés. Elle est entrée dans la clandestinité et doit se 

trouver une planque. Ce sera la société SIMEX où elle entre en 1941. Il s’agit d’une entreprise  qui fabrique du matériel industriel que se procure l’occupant. Elle garde son aspect austère  pour bien jouer le rôle de fondée de pouvoir. Elle le joue d’autant mieux qu’elle parle  allemand. 

En juillet 1942, l’Orchestre rouge est chargé de centraliser les réseaux soviétiques d’Europe.  L’ennemi retrouve la piste de SIMEX à Paris. Suzanne est alertée. Le 12 novembre 1942, des  agents de SIMEX sont arrêtés à Marseille. Elle fait disparaître les documents compromettants,  avant d’être arrêtée et conduite au QG de la Gestapo. Interrogée, elle reste muette. On la met  au secret à Fresne et est condamnée à mort, avec d’autres membres de SIMEX. Le 17 avril  1943, elle arrive à Berlin, tandis que d’autres, dont 7 femmes, sont envoyés dans des camps de  concentration.  

Le 19 août 1943, elle est transportée à Plötzensee (prison de Berlin), est guillotinée le  lendemain après avoir été tondue. 

Femme courageuse et passionnée, Suzanne Cointe a payé de sa vie son militantisme  communiste. 

Dans le calendrier républicain, le 20 août est le jour de la vesse de loup, ou pet de loup (sorte  de champignon qu’on trouve dans les prés ou dans les bois).

NAYIB BUKELE

Nayib Bukele est président de la République de San Salvador depuis le 1er juin 2019. Le San Salvador est un petit  pays (21 000 km2, à peu près deux fois le département de la  Gironde) d’Amérique centrale. Là vivent 6,3 millions d’habitants, soit une densité de 300 habitants/km2(France : 107 hab/km2).  C’est un pays au climat tropical, bordé par l’océan Pacifique au  sud. Sa capitale est El Salvador qui compte 330 000 habitants. 

Hayib Bukele né en 1981, est le fils d’un homme d’affaires palestinien (converti à l’islam, il a  même été imam) et d’une mère chrétienne. Il se veut libéral sur le plan économique et  conservateur sur le plan social. Dans ce pays régnait la violence créée par les gangs. Durant sa  présidence très autoritaire, les crimes ont considérablement diminué. Ce qui lui vaut une  grande popularité. Les gens peuvent désormais sortir à peu près tranquilles dans la rue.  

Il fait de la politique depuis 2015. C’est là qu’il a été élu maire de San Salvador. Mais en 2017, il  est exclu du parti pour avoir agressé une conseillère municipale (il lui a jeté une pomme au  visage). La galanterie ne fait pas partie de son programme politique. 

C’est vite oublié puisqu’en 2019, il est candidat de la Grande Alliance pour l’Unité Nationale  (ce qui donne GANA en espagnol). Il se déclare candidat « anti système ». On sait ce que ça  veut dire. Trump se dit aussi anti système ! Il axe sa propagande sur la lutte contre la  criminalité et contre la pauvreté. Vaste programme ! Le 3 février 2019, il est élu au 1er tour  avec 53% des voix. Le 1er juin, c’est la prise de pouvoir. Il charge l’armée d’assurer la sécurité dans les quartiers où sévissent les gangs. 

Dans la foulée, il s’en prend aux valeurs démocratiques : opposition menacée, hostilité à la  liberté de la presse, favoritisme et corruption. Nayib Bukele crée un nouveau parti : NI  (Nouvelles Idées) qui remportera les élections législatives de 2021. 

La Cour suprême, dont il a renouvelé les membres, l’autorise à un second mandat avant même  d’avoir terminé le premier. Oh, on lui demande gentiment de céder temporairement ses  fonctions avant le scrutin Il les confie à Claudia Rodriguez Guevara, sans pour autant  démissionner. De 2019 à 2021, les meurtres passent de 2 000 à 147 ! Les homicides ne  représentent plus que 2,5 pour 100 000 habitants, au lieu de 151. On soupçonne Nayib Bukélé  d’avoir conclu des accords avec les principaux gangs : de meilleures conditions de détention  contre soutien électoral. Il choisit ses copains sans se poser de questions. Si bien qu’à  l’élection de 2024, il obtient 84% des suffrages ! Son parti (NI) obtient 54 sièges sur 60 à  l’Assemblée nationale. Bukele a les mains libres. Mais tout ne marche pas comme il veut. En  mars 2022, la trêve est rompue : 87 assassinats en 3 jours. En plus, les ONG (Organisations Non gouvernementales), comme Amnesty International ou la Croix Rouge dénoncent les  conditions de détention. Si on ne meurt pas de crimes, on meurt des violences en prisons qui  sont surpeuplées (1 086 détenus pour 100 000 habitants en 2023). 

Il faut dire qu’on arrête à tout va : 70 000 personnes en 2023. Parmi les victimes, il se trouve  bon nombre d’innocents. Un simple tatouage vous assimile à un gang : allez hop au trou ! Si les  homicides baissent, les disparitions augmentent. Mais la population a un sentiment de  sécurité. Peu lui importe que les membres de la Cour suprême aient été remplacés, que des  membres des anciens gouvernements aient été arrêtés, que la Constitution ait  été amendée pour que Bukele puisse assurer autant de mandats qu’il veut. Or, il est  relativement jeune. Les informations publiques sont systématiquement classées secrets d’Etat.  Les indésirables sont amenés à s’exiler au Costa Rica. 

Quant à la politique contre la pauvreté qui a augmenté de 2019 à 2022, c’est carrément un  échec. Pour Bukele, l’avenir est dans le bitcoin ! A partir de 2022, des avantages fiscaux sont  accordés à ceux qui investissent dans le bitcoin. Mais dès l’année suivante, les commerces  refusent cette monnaie qui s’effondre rapidement. En 2024, il faut le soutien du FMI pour  empêcher la faillite. Il abandonne le bitcoin en décembre 2024.  

En 2025, il propose à Trump d’accueillir les criminels condamnés aux Etats-Unis… contre  rémunération. Et comme son modèle, il communique par tweets. Il se veut décontracté dans  sa tenue vestimentaire, histoire d’être proche du peuple. Et sa popularité actuelle tourne  autour de 80%. En bon masculiniste, il est opposé au mariage gay et à l’avortement. 

Très populaire, mais pour combien de temps encore ? 

YVETTE LEBON

 Yvette Lebon est née le 14 août 1910 à Paris. C’était  une comédienne qui avait commencé par faire de la  figuration, ce qui lui avait permis d’être remarquée par le  photographe Marc Allégret (1900-1973). Celui-ci l’engage  dans un film, où elle tourne avec Joséphine Baker (1906  -1975), Jean Gabin (1904-1976) et Ilia Meery(1915-2010), chanteuse d’origine russe. Ce film « Zouzou » sort en 1934. 

Elle tourne ensuite pour Max Ophuls (1902-1957), cinéaste d’origine allemande. Puis elle a un  rôle dans « Marinella », sorti en 1936, avec Tino Rossi (1907-1983), jeune premier qui en a fait  une chanson à succès que ne peuvent pas connaître les moins de 70 ans ! 

« Romance de Paris » est un film musical sorti en 1941, où elle tourne aux côtés de Charles  Trenet (1913-2001). En 1943, Yvette Lebon rencontre Sacha Guitry (1885-1957), scénariste  d’origine russe. Elle devient sa maîtresse et en échange, il lui offre un rôle, échange de bons  procédés ! 

Pendant l’occupation, Yvette Lebon s’occupe. Elle s’occupe en étant la maîtresse de Jean  Luchaire (1901-1944). Ce n’est pas n’importe qui, c’est le patron de la presse  collaborationniste. Elle fréquente donc le chef de la Gestapo française, Henri Lafont qui sera  fusillé en 1944. Elle peut côtoyer les « comtesses de la Gestapo », femmes protégées par la  Gestapo et qui peuvent se livrer à des trafics de marché noir sur Paris. Pas joli, joli tout ça… 

Elle sera jugée : tout sourire dehors, elle a plaidé l’insouciance. Elle a même raconté que  c’était bien : « il y avait du champagne à volonté, on ne manquait de rien ». Elle n’est pas  condamnée. Par contre, Luchaire sera fusillé le 22 février 1946, pour « intelligence avec l’ennemi ».  

Après la guerre, elle épouse un producteur américain, Nathan Wachsberger (1914-1992) qui la  fait tourner dans des productions italiennes. Puis, progressivement, elle disparaît des écrans,  jusqu’à ce qu’elle rencontre Serge Gainsbourg et Jane Birkin. Ils la font tourner dans  «Cannabis » sorti en 1970. Tout un programme…. 

Ayant dépassé les 100 ans, elle meurt le 28 juillet 2014. Elle a été la doyenne des  comédien(ne)s français. Doit-elle sa longévité à ses gènes ou au fait qu’elle n’ait pas subi de  privations pendant la guerre ?  

Dans le calendrier républicain, le 14 août est le jour du colza.

STELLA KYRIAKIDES

Née en 1956, Stella Kyriakides est une femme politique  chypriote, ministre de la santé de 1976 à 2006. Ensuite, elle a été présidente  de l’Assemblée parlementaire du Conseil européen, pendant quelques mois en  2017 et 2018. L’Assemblée parlementaire du Conseil européen est une  organisation de 46 pays européens qui se sont engagés à respecter les droits  

humains, la démocratie, la primauté du respect de la vie. Cette organisation existe depuis le 10  août 1949 et comprend 612 membres. 

A Chypre, Stella Kyriakides a été membre du parti démocrate. Elle a fait des études de  psychologie à l’université de Reading puis à Manchester au Royaume-Uni. Elle a obtenu un  master sur les troubles de l’enfance inadaptée. Elle a été commissaire européenne à la santé  et à la sécurité alimentaire depuis le 1er décembre 2019 jusqu’en 2024. Stella Kyriakides est  principalement attentive au problème de cancer du sein, ayant elle-même été victime. Elle  travaille sur le plan européen sur ce sujet. 

Mais en 2020 se pose la question de la vaccination contre le Covid. Or, elle a un contrat avec le  groupe pharmaceutique Asta Zenenca pour l’achat de 300 millions de doses. Et il est clair que  le contrat n’était pas clair. Stella Kyriakides a même été plus que soupçonnée de conflit  d’intérêts (prêts privés à son mari par une banque publique). 

Stella Kyriakides a été sincèrement européenne, en se battant pour les problèmes de santé  pour lesquels elle a des compétences. Il est regrettable que cette affaire de conflit d’intérêts  vienne ternir son image ainsi que celle de l’UE qui n’a pas besoin de ça.

LES SPARTAKIADES

 Le 12 août 1928 débutent à Moscou, les  premières Spartakiades. Il s’agit d’un évènement  sportif international créé par le Conseil suprême de  Culture physique de l’URSS. Elles se veulent en  opposition avec les Jeux olympiques d’Amsterdam, la  même année. Elles représentent l’internationalisme  prolétarien et tirent leur nom d’un gladiateur romain, appelé Spartacus qui s’est révolté contre  ses maîtres. 

Les premières se sont donc déroulées à Moscou du 12 au 24 août 1928. Les suivantes auront  lieu à Berlin en 1931 et à Paris en 1934. Leur but est de montrer le caractère révolutionnaire  de la culture physique en URSS par opposition aux Jeux olympiques, considérés comme sport  bourgeois.  

La cérémonie d’ouverture des Spartakiades s’est déroulée à Moscou sur la place Rouge où  25 000 sportifs venus de tout le pays, étaient présents. La fermeture, le 24 août, a vu défiler  les Jeunesses communistes en uniforme (garçons et filles). Pour terminer, ce sont les discours  politiques et syndicaux, comme on les aime dans le système communiste, encore plus  qu’ailleurs. 

Comme on peut s’en douter, la délégation soviétique a été la plus importante avec 3 000  hommes et 880 femmes. Les délégations étrangères n’ont représenté que 542 hommes et 70  femmes. L’Allemagne a envoyé la délégation la plus importante. Les disciplines sont à peu près  les mêmes que pour les J.O., sauf qu’il y a en plus, une épreuve de motocyclisme.  

Ces Spartakiades sont un important moyen de propagande politique. L’URSS ne rejoindra les  J .O. qu’en 1952. On ne conservera plus que les Spartakiades du peuple soviétique jusqu’en  1956. Mais d’autres Etats ont organisé leurs Spartakiades pour être dans la ligne de Moscou :  Tchécoslovaquie (en 1955, pour fêter le 10ème anniversaire de la libération … par l’Armée  rouge), la RDA, l’Albanie. Il y aura aussi des Spartakiades militaires de l’Amitié de tous les pays  du Bloc de l’Est. 

L’URSS a édité de très beaux timbres pour illustrer cet évènement sportif. Dans le calendrier républicain, le 12 août est le jour de la loutre.

L'APPEL AUX FEMMES DU 7 AOÛT 1914

Le 7 août 1914, le Président du Conseil, René Viviani (1863 – 1925) lance un appel aux femmes de France. En effet, la guerre a été déclarée le 3 août et a commencé par l’invasion du nord de la France par les Allemands. Tous les hommes valides sont mobilisés et de la gare de l’Est, partent des trains pour envoyer les soldats au front. Les photos de propagande de l’époque montrent l’enthousiasme des partants pour une « guerre fraîche et joyeuse » qui sera forcément courte. Sur les wagons, certains ont inscrit « A Berlin ». Tandis que dans l’enthousiasme apparent, on se donne rendez-vous à Berlin pour boire une bière. 

Du côté allemand, on n’est pas en reste. On part avec le même enthousiasme, d’autant que le général Eric Ludendorff a promis une «Blitzkrieg » (une guerre-éclair). Sur les wagons, ont été inscrits : « Nach Paris über Metz (à Paris en passant par Metz). Et de se donner rendez-vous pour conquérir les « petites mamazelles de Paris » qu’on dit accueillantes. Ainsi vont les propagandes. Car peu savent et admettent, que du côté français au moins, certains appelés s’étaient enfuis pour se cacher dans les bois, dans les montagnes. Et souvent, ce sont leurs épouses ou leurs mères, qui par patriotisme, allaient les rechercher. 

La guerre est déclarée le 3 août et commence par l’invasion du nord de la France par les troupes de l’Empire qui arrivent vite à proximité de Paris, sauvé par le fameux épisode des « Taxis d la Marne ». Mais la France se dit dans son bon droit, puisqu’elle est agressée. Elle est soutenue par ses alliés : Royaume-Uni et Russie. 

Donc, dès le 7 août, des affiches sont placardées dans les préfectures, chargées de les diffuser dans les lieux publics (mairies). On savait aller vite….Ces affiches sont destinées à inciter les femmes – et même les jeunes de plus de 12 ans (âge du certificat d’études) à pallier l’absences des hommes dans les campagnes où vit une large majorité de Français. C’est donc une France encore très rurale, vivant essentiellement de l’agriculture. 

Alors les femmes doivent terminer la moisson (en août, on commence les battages du blé), en attendant les vendanges de septembre – octobre, quand les hommes seront rentrés. Car, on en est sûr, la guerre sera courte. Sans penser qu’on sait quand commence une guerre, mais on ne sait pas quand elle finira…

Seulement voilà, à l’automne, les hommes ne sont toujours pas rentrés. Et même, on comprend que beaucoup ne reviendront jamais, laissant des veuves, des orphelins. Il faut donc faire les vendanges sans les hommes. Il ne suffit pas de souper les grappes, mais aussi porter les caisses de raisin vers les charrettes, conduire les chevaux ou les bœufs. 

Et puis, il y aura les labours, avec des charrues adaptées à la taille des hommes, travail que les femmes n’avaient pas l’habitude de faire. Enfin, tous les travaux de la terre incombent aux femmes qui, en plus sont chargées du quotidien : ménage, lessive, éducation des enfants. Tout le monde doit prendre sa part. les vieux (qu’on n’appelait pas encore 3ème âge) participaient à leur façon : préparer les repas, accomplir les tâches ménagères pour grand-mères, soigner la basse-cour pour les grands-pères et les enfants. La vie est bouleversée à laquelle vient s’ajouter le drame des deuils. Les fêtes de village, quand elles existent encore, n’ont plus le même goût.

Les citadines aussi sont concernées, du moins les ouvrières. En effet, on manque aussi de main-d’œuvre dans les usines, alors que les besoins sont immenses, surtout en armement. Des femmes sont appelées à remplacer les hommes manquants, même pour des travaux difficiles. Ces femmes ont été appelées « les munitionnettes ». Toujours un diminutif, certes gentil, mais quelque peu condescendant. 

Mais l’enfer, ce n’était pas pour tout le monde. Une fois le danger de la « Grosse Bertha » éloigné à partir de fin septembre 1914, la vie parisienne reprend ses droits. Et quelle n’était pas la surprise des «Poilus » passant par Paris pour leur permission ! On y vivait presque comme avant, à la « Belle époque ». Eux qui étaient quotidiennement confrontés au danger, à la boue, à la faim et surtout à la mort, parlaient d’un monde de « planqués » d’«embusqués» de l’arrière. Par dérision, ceux qui avaient une coupe de cheveux tirés vers l’arrière, étaient appelés « coupe à l’embusqué » ! 

Cette guerre la plus meurtrière qu’on n’ait jamais connue jusque-là (plus de 10 millions de morts) a irrémédiablement bouleversé les mentalités. Les femmes confrontées à de nouvelles responsabilités, ont pris conscience de leurs capacités. De fait, au moins le temps de cette guerre, elles sont devenues cheffes de famille. En outre, par la force des choses, elles ont acquis des savoir faire pour le travail de la terre, dans les usines. On a pu assister à des scènes insolites. Ainsi, lorsqu’un « poilu » venait en permission, sa femme l’attendait à la gare avec la charrette. Pour rentrer au bercail, c’était elle qui tenait les guides du cheval : c’était elle qui conduisait. A Paris, elles conduisaient les tramways. Ce qui aurait été quasiment impossible quelques années auparavant. 

D’ailleurs la mode suivra le mouvement, par la couturière Coco Chanel qui créera la mode « à la garçonne » : robe moins longue, cheveux plus courts, silhouette plus svelte, par exemple. 

Ainsi va le monde. La guerre a eu besoin des femmes. Le mouvement sera irréversible. 

Dans le calendrier républicain, le 7 août est le jour de l’écluse.

PAUL-HENRI SPAAK

 Paul-Henri Spaak est un homme politique belge. Il a fait  partie de plusieurs gouvernements belges de 1936 à 1964. Il est aussi  considéré comme un des pères de l’Europe.  

 Paul-Henri Spaak est issu d’une famille aisée d’origine suédoise. Dès  1916, à 17 ans, ce fils de bonne famille s’engage dans la guerre, son pays  étant vaincu et occupé par les Allemands. D’ailleurs, il est arrêté et fait  prisonnier. À son retour fin 1918, il fait des études de droit à Bruxelles pour devenir avocat, il  se spécialisera dans la défense des objecteurs de conscience. 

Sportif, il est champion de  tennis ; il commence une carrière politique en se faisant élire député de Bruxelles en 1925. Il a  des convictions socialistes et il est antimilitariste. 

1940, c’est encore la guerre et la Belgique est encore envahie. Le 28 mai, Spaak se réfugie en  France qui accepte la défaite le 10 juin et même collabore. Il doit à nouveau s’exiler, en  Espagne cette fois à Barcelone et parvient à échapper aux troupes de Franco. Il arrive à  Londres le 25 octobre 1940. Là, il constitue un gouvernement belge en exil. Il y rencontre les  autres gouvernements en exil, dont celui de la France avec De Gaulle. 

En 1944, le roi des Belges, Léopold III est emmené en résidence surveillée en Allemagne.  Paul-Henri Spaak revient et joue vraiment un rôle politique en Belgique, mais aussi sur le plan  international. En effet, en 1946, il est élu président de l’Assemblée générale des Nations unies  qui siège à Londres. Le 21 août 1949, il jette les bases d’une construction européenne en  signant le traité économique du Bénélux. En juillet 1950, le roi revient et abdique au profit de  Baudouin Ier. Le 25 mars 1957, Spaak est parmi les signataires du traité de Rome qui instaure la  CEE (Communauté Economique Européenne) avec 6 Etats : outre le Bénélux, ont signé  l’Allemagne fédérale, la France, l’Italie.  

Le Parlement belge adopte le traité du Bénélux, l’adhésion à l’OTAN, la participation au Conseil  de l’Europe, la CECA, la CEE, l’Euratom, la CED (Communauté Européenne de Défense qui sera  torpillée par la France). Dans tous ces actes, on peut y voir la patte de Paul-Henri Spaak, dès  lors considéré comme un des pères de l’Europe. En 1955, il participe à la conférence de  Messine qui doit justement relancer la construction européenne et qui contribuera à aboutir  au traité de Rome de 1957.  

Paul-Henri Spaak se retire de la vie politique en 1966, après avoir été secrétaire général de  l’OTAN de 1957 à 1961. En 1969, il publie ses mémoires. Malade, il s’éteint le 31 juillet 1972, à  la suite d’une rupture d’anévrisme. Il est inhumé dans le cimetière de Braine-L’Alleud, dans la  province du Brabant, en Wallonie.

 La postérité n’a pas oublié Paul-Henri Spaak. Une haute école de Bruxelles porte son  nom qui a été donné aussi à quelques places publiques en Belgique et en France. Il a reçu le  Grand Cordon de l’ordre de Léopold et du côté français, il avait été fait Grand Croix de la  Légion d’Honneur. Un bâtiment du Parlement européen de Bruxelles, inauguré n 1993, porte son nom. 

HENRI 1er

 Le 4 août 1060 meurt Henri Ier, roi des Francs. Il était  né vers 1008, on ne sait pas trop. C’était le troisième de la dynastie  capétienne qui avait commencé en 989 avec Hugues Capet. Il est  le fils de Robert II le Pieux. 
En 1016, il reçoit le duché de Bourgogne en apanage (ce qui  signifie que ce duché n’a pas d’héritier et reviendra à la couronne  de France). Le couronnement a lieu à Reims le 14 mai 1027 mais la maman et les grands vassaux ne sont pas contents. Ah, les histoires de familles, il n’y a pas que  chez les pauvres qui n’ont rien à partager. Donc, on lui préfère son frère cadet Hugues. Mais il  n’est pas isolé : Henri a l’appui de l’empereur du Saint Empire germanique, Conrad II et du duc  de Normandie. Ce qui fait des soutiens de poids. 

Malgré ça, il doit à son tour laisser le duché de Bourgogne à son frère en apanage. En 1035, le  duc de Normandie, Robert le Magnifique part en croisade en terre sainte ; Henri Ier devient le  tuteur de son fils Guillaume. À la mort du père de Guillaume, ce dernier et Henri vainquent les  seigneurs de Normandie qui leur sont hostiles. Guillaume épouse en 1051 Mathilde de Flandre  (celle de la fameuse tapisserie de Bayeux) qui est la nièce d’Henri. Vous me suivez ? 

Seulement, Guillaume devient si puissant que cela inquiète Henri. Et finalement, tous deux se  brouillent. Les évêques français aimeraient instaurer la « paix de Dieu ». En 1060, pour faire  plaisir au pape (Léon IX), Henri crée l’abbaye Saint-Martin. 

Un roi doit avoir une descendance et doit donc se marier. Il est prévu qu’Henri épouse,  Mahaut fille de l’empereur Conrad II. Mais elle meurt à l’âge de 7 ans. Pas de chance ! En  1035, il épouse Mathilde de Frise (îles au nord des actuels Pays-Bas). En 1044, il est veuf sans  enfant. Décidément…. 

Henri est alors informé que là-bas loin en Ukraine, il y a une princesse disponible. C’est Anne  de Kiev, issue d’une famille prestigieuse car elle est la fille d’Iaroslav le Grand, grand prince de  Kiev (mort le 20 février 1054). A cette époque, la « Rous » kiévienne est une grande puissance.  Donc, Anne est un bon parti. D’autant que venant de si loin, on ne risque pas la consanguinité.  Et ça arrange Iaroslav qui souhaite élargir ses relations vers l’ouest. Le mariage est célébré à  Reims le 19 mai 1051. Je ne sais s’ils furent heureux, mais ils ont eu 4 enfants, dont l’aîné,  succédera à Henri sous le nom de Philippe Ier, à partir de 1060, jusqu’en 1108. 

 Avec Anne de Kiev, comme reine de France, on peut dire que tous nos rois, jusqu’en  1830, ont du sang ukrainien. Certes mêlé, puisqu’il y aura aussi du sang espagnol, autrichien,  polonais, italien. 

Henri Ier a été l’objet de nombreux ouvrages, notamment de l’historien Dominique  Barthélémy, membre de l’Académie des Inscriptions et des Belles Lettres.  

Dans le calendrier républicain, le 4 août est le jour du lin.

LIDIA LITVIAK

 Lidia Litviak a disparu le 1er août 1943 du côté de la région du  Donetsk en Ukraine. Jeune aviatrice (née le 18 août 1921 à Moscou), Lidia s’est très tôt engagée comme pilote de chasse dans l’aviation  soviétique. On l’a surnommée le «Lys blanc », fleur peinte sur son avion ou aussi la « Rose de Stalingrad » car elle faisait peindre une rose sur le  nez de son avion après chaque victoire sur l’ennemi.

Son père, conducteur de train a été victime des purges de 1936-37.  

Quant à Lidia, elle a été très tôt attirée par l’aviation. A 14 ans, elle  s’inscrit dans un aéro-club de Moscou. Un an plus tard, elle fait son premier vol en solo. A 15  ans, on sent la motivation : elle peut alors intégrer l’école d’aviation de Kherson (Ukraine).  

Après l’invasion nazie de juin 1941, elle veut rejoindre une unité de combat. Elle a à peine 20  ans. C’est la combinaison de la passion pour l’aviation et le patriotisme. Seulement voilà, on la  trouve trop jeune et surtout inexpérimentée. Sans se démonter, elle s’ajoute 100 heures – rien  que ça – à son bilan d’heures de vol. Et ça passe !  

Dès 1942, elle est affectée au 586ème régiment de chasse créé par Marina Raskova (1912- 1943) qui est une héroïne de l’aviation soviétique. C’est un régiment féminin stationné dans la  région de Saratov, à plus de 500 km au sud-est de Moscou. Il vole sur des Yaks (du nom de leur  constructeur, Yakovlev). C’est sur cet avion qu’elle accomplit ses missions de janvier à août  1942. 

En septembre 1942, avec d’autres femmes, elle est affectée dans une unité masculine : le  437ème régiment de chasse, basé dans le secteur de Stalingrad, donc au cœur des combats. Son  atterrissage est parfait, au point que dans la salle d’opérations, plus bunker que salle d’ailleurs,  les pilotes chevronnés qui y ont assisté se disent que ce doit être un « moustachu » qui dans  leur langage imagé signifie que c’est un sacré pilote. Quel n’est pas leur étonnement lorsqu’ils  voient une longue chevelure sortir du casque. Le « moustachu » est une jeune femme qui les  regarde bien en face et leur lance : «Je suis le lieutenant Litviak et je viens d’être mutée dans  votre unité ». Un grand silence suit pendant que Lidia s’installe dans les lieux. 

Elle volera désormais sur de LA3 (du constructeur Lavotchkine). Dès le 13 septembre, elle abat  un avion allemand. Lidia Litviak est donc la première femme à abattre un avion ennemi. Mieux  encore, elle abat un avion d’Erwin Maier, un as de la Luftwaffe. Récupéré sain et sauf, il ne veut  pas croire qu’il a été abattu par une jeune femme. Il a fallu lui présenter les plans de vols pour  qu’il admette ce qu’il considérait comme une humiliation.

En février 1943, Lidia Litviak est affectée au 296ème régiment de chasse. Le 22 mars, elle abat  un JU 88, avion allemand, mais elle est blessée. Elle a dû se poser en catastrophe et elle est  secourue par un collègue. Elle est hospitalisée jusqu’en mai. Remise, entre mai et juillet elle  abat 2 avions allemands. On a beau être une excellente aviatrice, on n’en a pas moins un cœur.  Elle est très affectée par la mort de son leader, Alexei Solomakine, dont on dit qu’elle était  amoureuse.  

Le 16 juillet 1943, elle est à nouveau blessée, mais elle refuse de prendre du repos. Et puis,  c’est le drame. Le 1er août, Lidia est portée disparue, alors qu’elle devait intercepter un  bombardier, du côté de Donetsk. C’est la disparition de l’as féminine la plus performante de la  Grande Guerre patriotique. On lui attribue de 12 à 16 victoires. 

Sa disparition et son bilan ont fait polémique. Vraies questions ou jalousie ? Allez savoir! En  1969, des enfants découvrent dans la campagne, l’épave d’un avion avec les restes d’un corps  de petite taille. En 1979, une professeure, Valentina Vaschenko fait exhumer le corps : il  s’agirait bien de Lidia Litviak. Elle monte un musée qui lui est consacré. Elle était l’idole de son  jeune frère que sa disparition laisse inconsolable. 

Il faut attendre le 5 mai 1990, pour que Mikhail Gorbatchev (1931-2022), Président du Soviet  suprême de ce qui est encore l’URSS, la nomme «Héroïne de l’URSS ».  

Les historiens sont divisés sur la disparition de Lidia Litviak. Plusieurs versions s’affrontent : – Elle aurait sauté en parachute et aurait été capturée par les Allemands ? – Elle aurait été vue dans un camp de prisonniers ? 

– En 2 000, une ex-pilote Nina Raspopova dit l’avoir reconnue ? 

Quoi qu’il en soit, cette personnalité au parcours bref mais romanesque a suscité des mystères. Des ouvrages en anglais ont été écrits sur elle. La journaliste et romancière Valérie Bénaïm a  écrit : «La rose de Stalingrad ». 

Dans le calendrier républicain, le 1er août est le jour du basilic.

VALTESSE DE LA BIGNE

Le 29 juillet 1910, Valtesse de La Bigne est décédée à Ville d’Avray  (actuels Hauts-de-Seine). Elle est née Emilie-Louise Delabigne le 31 juillet  1848 à Paris, fille illégitime d’un père alcoolique et d’Emilie-Victoire Delabigne, lingère. 

À 10 ans, Emilie-Louise travaille dans un atelier de confection. Elle est  violée par un vieux sous un porche : pas très glamour comme entrée  dans l’adolescence. Mais comme c’est un joli brin de fille, comme on disait, elle va poser pour  le peintre Jean-Baptiste Corot (1796-1875). Elle fait déjà partie de ce qu’on appelle les lorettes  (femmes vivant de leurs relations avec des hommes). Autrement dit, c’est une forme de  prostitution. De plus, elle est rapidement employée car elle a la réputation d’être facilement  accessible, si vous voyez ce que je veux dire…. 

Elle n’est pas encore une demi-mondaine, c’est-à-dire la maîtresse d’hommes riches. Elle  s’apprête à progresser cette petite. Elle pratique la prostitution clandestine de rue ou sous les  porches. Mais gare à celle qui se fait prendre par la police : la punition est humiliante, on lui  coupe les cheveux ! Pour la femme, pas pour l’homme….
C’est au bal Mabille (qui avait fondé une école de danse) qu’elle commence à faire des  rencontres intéressantes, c’est-à-dire, d’hommes riches. Elle travaille dans une brasserie des  Champs Elysées où de hauts gradés militaires se retrouvent. Elle y rencontre un jeune homme  de 20 ans, Richard Fossey, dont elle tombe amoureuse et avec qui elle aura 2 filles, ce qui ne  l’empêche pas de continuer à se prostituer. Comme on pouvait s’en douter, ils se séparent au  bout de 2 ans et elle confie ses filles à sa mère. 

Comme beaucoup de demi-mondaines, elle aime bien avoir une particule. Elle prend donc  comme pseudonyme Valtesse (contraction de Votre Altesse) et y ajoute la particule, ce qui  donne Valtesse de La Bigne ! Sa devise devient : « Ne jamais prendre de mari. Gagner de  l’argent pour sortir de la misère ». C’est clair ! 

Elle est repérée par le compositeur Jacques Offenbach (1819-1880) qui lui donne un rôle au  théâtre des Bouffes Parisiens (IIème arrondissement) et elle devient sa maîtresse. Valtesse sait  joindre l’utile et l’agréable. Ce qui lui permet aussi de faire de belles rencontres comme Zola,  Paul Claudel, Maupassant. Tout ce beau monde se retrouve au café de Foy (VIIIème arrondissement). 

La belle Valtesse est aussi réputée pour son humour cinglant pendant le siège de Paris du 20  septembre 1870 au 28 janvier 1871. Mais c’est à l’écrivain Aurélien Scholl (1837-1902) qu’on  doit cette formule à propos des «grandes horizontales» : «Pendant le siège de Paris, toutes les 

femmes ont mangé du chien. On aurait pu penser que cela leur inculquerait de la fidélité. Au  contraire, elles ont exigé des colliers ». 

Après 1871, Valtesse de La Bigne se consacre à la prostitution de luxe. Elle quitte Offenbach et  séduit le prince polonais Lubomirski qui l’installe dans un appartement de la rue Saint-Georges  (IXème arrondissement). Elle le quitte à son tour et après lui, elle ruine de nombreux amants. 

Valtesse est une femme si raffinée qu’on la surnomme : «Rayon d’or». Elle s’intéresse aux arts,  à la littérature. Elle s’achète un carrosse, habite une belle maison à Ville d’Avray où elle reçoit  de nombreux artistes et y accroche des tableaux de ses amis peintres. En 1876, elle publie un  roman autobiographique qui n’a guère connu de succès. 

Le jugement du 3 juin 1882 lui donne le droit d’être orthographiée «de La Bigne ». Forte de ce  nouveau patronyme, elle est fière de montrer son hôtel particulier à Emile Zola. Elle a surtout  montré le lit dont il dira qu’il inspire la volupté à l’ombre des rideaux. Elle lit « Nana », le  roman de Zola. A la lecture de la description de sa chambre, elle est indignée. L’écrivain se  serait inspiré d’elle pour « Nana ». Valtesse trouve que ce n’est qu’une «vulgaire catin, sotte et  grossière ». Même chez les prostituées, on a des principes… 

Lorsque l’écrivain Alexandre Dumas Fils  (1824-1895) a demandé à visiter sa chambre,  elle a répondu avec aplomb : « Cher maître, ce  n’est pas dans vos moyens ! ». Elle avait le sens  des valeurs. Le peintre André Gervex  (1852-1929) a pris Valtesse de La Bigne pour  un tableau intitulé : « Mariage civil », tableau  plein de sensualité qui trône dans la salle des  mariages du XIXème arrondissement de Paris. De quoi inspirer les nouveaux mariés 

Amie d’Edouard Manet (1832-1883), d’Henri Gervex, d’Edouard Détaille (1848-1912), de  Gustave Courbet (1819-1877), d’Eugène Boudin (1824-1888), on l’appelle « l’union des  peintres » ou encore « Altesse de la Guigne ». On savait s’amuser en ce temps-là ! Non  seulement les peintres, elle fréquente aussi des écrivains comme Octave Mirbeau (1858- 1917), Théophile Gautier (1811- 1872), Edmond de Goncourt (1822-1896). Là, on ne lui a pas  donné de surnom. 

Elle connaît bien des hommes, mais sans complexe, elle a aussi pour amante une autre  « grande horizontale », la jeune Liane de Pougy (1869-1950) . Valtesse de La Bigne rencontre  aussi des politiques. En particulier Léon Gambetta (1811-1872). Motif ? Elle veut l’inciter à ce que la France conserve le Tonkin, là-bas loin en Indochine parce qu’un de ses ex-amants,  Alexandre de Kergaradec, est consul à Hanoï. Et le Tonkin passe sous protectorat français (et en  même temps l’Annam). Elle qui a ruiné tant d’amants, a parfois défendu leur cause. D’ailleurs  de Kergaradec lui en sera très reconnaissant puisqu’il lui enverra de nombreux cadeaux.

Valtesse avait accumulé une belle collection d’art. Celle-ci sera vendue  aux enchères à l’Hôtel Drouot le 27 juin 1902. Son lit est légué au musée  des Arts décoratifs de Paris. Elle a une voiture, une villa à Monte-Carlo.  Elle vend son hôtel particulier de la rue Malesherbes (VIIIème  arrondissement) et se retire à Ville d’Avray où elle reçoit des jeunes filles  pour les «former ». Elles auront une très bonne maîtresse de stage ! Car  sortie de la misère, elle a eu pour devise : « coucher pour réussir ». 

En 1910, elle est victime d’un accident vasculaire (éclatement d’une veine) et elle décède le 29  juillet. C’est la fin d’une vie bien remplie. 

Valtesse de La Bigne est représentée dans un tableau d’Edouard Manet et d’Henri Gervex. Elle  est inhumée dans le cimetière de Ville d’Avray. On n’a pas osé donner son nom à des sites  publics…
Dans le calendrier républicain, le 29 juillet est le jour du panic (une graminée).

ANN LINDH

Anna Lindh est une femme politique suédoise. Elle  est née à Enskede (district de Stockhom) le 19 juin 1957. Elle a  fait ses études de droit à l’université d’Uppsala, la plus ancienne  de Suède (fondée en 1427). Elle fut membre du Parti social-démocrate, considérée comme  la ersonnalité politique la plus brillante de sa génération,  notamment par son influence sur le plan nternational.  

Elle a soutenu le référendum prévu le 14 septembre 2003, pour le passage de la Suède à  l’euro. Malgré son action, le non l’emporte (55% de non) et la Suède n’est toujours pas dans la  zone euro, bien qu’étant membre de l’UE depuis le 1er janvier 1995. 

Anna Lindh est assassinée quelques jours avant le référendum le 11 septembre 2003 par un  immigré serbe (naturalisé suédois). Le crime s’est produit devant un grand magasin du centre  de Stockholm. Il est à rapprocher de l’assassinat le 26 juin 2016 d’Helen Cox, opposée à la  sortie du Royaume-Uni de l’UE, par un militant d’extrême-droite. 

Anna Lindh s’était aussi  signalée par son opposition à la guerre en Irak déclenchée par les Etats-Unis.  

Anna Lindh, comme Helen Cox ont payé de leur vie de se vouloir européennes. 

LOUIS BLÉRIOT

 Le 25 juillet 1909, Louis Blériot traverse la Manche en avion. On devrait plutôt dire le Pas-de-Calais, la partie la plus étroite de la Manche entre Calais et  Douvres (35 km à vol d’oiseau…. ou d’avion). Nous,  Français, l’appelons « Pas-de-Calais ». Les Anglais qui ne  sont pas comme nous, l’appellent «Straight of Dover ».  

Chacun sa langue, chacun son point de vue.  

Revenons à Louis Blériot : il est né le 1er juillet 1872 à Cambrai (Nord), là où on fabrique les  fameuses bêtises (et autrefois de la dentelle). Le jeune Louis-Charles-Joseph entre à l’école de  sa ville en 1882. Cinq ans plus tard, il entre au lycée d’Amiens (Somme), puis au lycée privé  Sainte-Barbe à Paris. En 1892, à 20 ans donc, il intègre l’Ecole centrale des Arts et  Manufactures, créée en 1829 et communément appelée «Centrale » pour former des  ingénieurs. Une fois le diplôme en poche, en 1895, il doit accomplir son service militaire (qui  dure 3 ans, on est à l’époque où il faut récupérer l’Alsace et la Lorraine). Il le fait à Tarbes  (Hautes-Pyrénées) dans l’artillerie. Il en sort lieutenant de réserve.  

Il crée alors les établissements Louis Blériot où il construit des lanternes, des autos, des avions,  des motocyclettes, des chars à voile. Un sacré bricoleur qui devait avoir une belle boîte à  outils. Mieux que chez Castorama, où on nous dit pourtant qu’il y a tout ce qu’il faut. 

A propos d’avion, on a longtemps parlé d’aéronef ou d’aéroplane. Le mot avion vient du latin  « avia » (= oiseau), et on y a ajouté le suffixe « on » ; il est dû à Clément Ader (1841-1925),  pionnier de l’aviation , le premier à faire décoller un engin motorisé plus lourd que l’air (12 et  14 octobre 1897). 

Louis Blériot se lance dans la fabrication d’aéroplanes. Il commence toute une série de «Blériot  I », puis « Blériot II » qui fera son premier vol le 27 mai 1909. Il commence avec un appareil qui  ressemble à une gigantesque chauve-souris. Il s’agit d’une sorte d’oiseau mécanique à ailes  battantes. À cause de ses nombreux échecs, on l’appelait le roi des pâquerettes ou encore  Blériot la casse mais il finit par trouver la bonne formule avec le «Blériot XII », avec le bon  moteur et les bons associés, notamment Gabriel Voisin (1880-1973). Il améliore  progressivement les distances parcourues, la vitesse, l’altitude de vol. Ainsi, le 31 octobre  1908, il réalise un vol touristique entre Thoury (Loir-et-Cher) et Arthenay (Loiret) et retour, soit  52 km au total, en….2 heures. Ne souriez pas, c’était déjà grandiose. Avec cet avion, il gagne, le  9 juillet 1909, le prix de l’Aéro-club de France, prime de 4 500 francs, après avoir parcouru 51,5  km en 56 minutes. Mais le temps presse pour Blériot car il y a des concurrents, notamment  Alberto Santos-Dumont (1873-1932) et Hubert Latham (1883 et mort le 25 juin 1912 en 

tentant de traverser la Manche). Un journal britannique, le Daily Mail, a promis une jolie  prime. 

Louis Blériot multiplie les exploits. Le 12 juin 1909, il effectue un vol avec 2 passagers (2  courageux ou 2 inconscients ?). Le 28 août, il battra le record du monde de vitesse sur 10 km. Il  a atteint 77 km/h à Reims.  

Le 19 juillet, Blériot s’inscrit pour la course à travers la Manche. Le 25, il s’installe à Buc  (Seine-et-Oise, actuellement Yvelines) pour y créer un aérodrome privé et une école de  pilotage. Puis, il va à Calais. Le 25 juillet, avec son « Blériot XII » moteur Anziani, il décolle tôt le  matin. Dans l’avion, il a mis sa canne, car dans un crash précédent, il s’est blessé un pied. Pour  cette tentative, il est escorté par deux navires. Il lui faudra 57 minutes pour franchir les 35 km,  en volant à 100 mètres d’altitude entre Calais et Douvres. Le dernier obstacle était de franchir  les falaises de Douvres. Il est donc le premier à traverser la Manche avec un engin motorisé. Il  est un héros ! 

Il était parti du hameau des Baraques, sur la commune de Sangatte, proche de Calais. Depuis,  ce lieu s’appelle Blériot-Plage.  

A la suite de cet exploit, il crée une école de pilotage à Pau (Basses-Pyrénées, devenues  Pyrénées-Atlantiques). Puis fin août 1909, il organise la « Grande semaine d’aviation en  Champagne ». 

Le 7 octobre 1909, l’Aéro-club de France décerne 16 brevets de pilotes. Blériot est le premier  sur la liste alphabétique. Ca tombe bien : il aura le brevet n° 1. Fort de sa réputation, il crée la  « Blériot Aéronautique» qui s’installe dans le XVIème arrondissement de Paris et sa firme  prospère entre 1910 et 1913. Il vend des avions à l’armée britannique. En 1914, il monte la  société SPAD (Société de Production des Aéroplanes Deperdussin). On est à la veille du conflit  contre l’Allemagne, le général Hirschauer (il est français) veut renouveler la flotte aérienne  militaire et lui commande 400 avions. Pendant la guerre, dans son usine de Suresnes, il  fabrique jusqu’à 23 avions par jour. Au total, sa société aura produit 10 000 avions avec un  nouveau moteur «Gnome et Rhône ». 

Après la guerre, en 1921, il fusionne avec la SPAD et s’appelle « Blériot-SPAD ». En 1925 – 1926, ses avions s’affirment comme les meilleurs chasseurs. Il devient progressivement un marchand de prototypes, mais il commence à avoir des problèmes d’argent. A sa mort, ses  affaires passent entre les mains de Farman (aviateur et constructeur d’avions) et se  décentralise à Bègles (Gironde). 

Avec sa mort le 1er août 1936 et l’avènement du Front Populaire le même été, sa société est 

nationalisée et devient la SNCASO (Société Nationale des Constructions Aéronautiques du  Sud-Ouest), ancêtre de Sud-Aviation qui fusionne en 1990 avec Nord-Aviation, puis avec Matra  en 2000.  

On imagine facilement que Louis Blériot a été honoré. Ainsi, en 1929, il est Commandeur de la  Légion d’honneur, officier d’Académie (titre honorifique). En 1927, il avait été contacté par  Charles Lindbergh (1902-1974) qui a été le premier à traverser l’Atlantique le 21 mai 1927.  

En 1936, on a créé la médaille Louis Blériot qui récompense un aviateur méritant dans  l’aviation légère. En 2015, l’école Centrale en fait son parrain. En 2022 sort une pièce de 10 € à  son effigie. Son portrait a illustré des timbres – poste en 1934, 1972, 2009. En 1990, on a  même appelé un rosier grimpant « Aviateur Blériot ». On ne compte plus les villes qui ont  donné son nom à des rues, des places, des établissements scolaires. 

Dans le calendrier républicain, le 25 juillet est le jour de l’armoise.

ROBERT SCHUMAN

 Robert Schuman a été président de l’Assemblée  européenne du 19 mai 1958 au 28 mars 1960.
C’était un homme  politique français, né au Luxembourg le 29 juin 1886. Pourtant, au début  de sa carrière politique, il n’a pas été du bon côté. En effet, le 12 juillet  1940, il a été de ceux qui ont voté les pleins pouvoirs à Pétain. Ce qui lui  a valu d’être frappé d’indignité nationale. Mais il a été réhabilité en  juillet 1945 par De Gaulle, dans un souci de réconciliation des Français. 

Dès 1946, Robert Schuman devient ministre des Finances, du 24 juin au 16 novembre 1946,  puis 22 janvier au 24 novembre 1947. Du 6 au 11 septembre 1948, puis du 26 juillet 1949 au 8  janvier 1950, il est président du Conseil. Ca change vite sous la IVème République.  

Robert Schuman a une convergence de vue avec Jean Monnet (1888-1979), partisan de  l’atlantisme, du libre-échange, d’une alliance avec l’Allemagne. Leur objectif est de créer une Fédération européenne.  

C’est ainsi que le 9 mai 1950, en fin de matinée, Schuman déclare placer la production  franco-allemande de charbon et d’acier sous le contrôle d’une haute autorité commune  ouverte à d’autres Etats. Ce plan Schuman entraîne la signature du traité de Paris du 18 avril  1951, qui crée la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier), à laquelle se  joindront la Belgique, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas. Ce premier pas de l’Europe espère  le soutien des Etats-Unis pour aller vers un fédéralisme.  

Pour développer les structures, Maurice Schuman sera Président du Mouvement Européen  international. Mais surtout, il préside le Parlement européen (composé d’élus de chaque Etat)  de 1958 à 1960. C’est lui qu’on appellera le « Père de l’Europe ».  

En 1962, il se retire de la politique et s’installe dans sa maison de Scy-Chazelles dans la  Moselle, tout en s’intéressant à la politique européenne, mais sans intervenir. Il meurt le 4  septembre 1963. Les obsèques ont lieu le 7 septembre. 

Robert Schuman a reçu de nombreuses distinctions de beaucoup de pays, pas forcément  européens. En son honneur, on a créé un prix Robert Schuman pour l’Europe. Depuis 1991  plusieurs centres d’art portent son nom : à Luxembourg, à Metz, à Trèves, à Strasbourg. Le 20  octobre 2012, un monument a été érigé devant sa maison de Scy-Chazelles. Inutile de préciser  que de nombreuses rues, avenues de France portent son nom. L’Institut Universitaire de  Technologie de Strasbourg s’appelle Robert Schuman, ainsi que bon nombre d’établissements  scolaires, même un établissement hospitalier à Luxembourg. Les ouvrages le concernant ne  manquent pas.

NELSON MANDELA

Le 18 juillet 1918, est né Rolilahla Mandela, dit Madiba, nom d’un clan tribal du Transkei, au nord-est de l’Afrique du sud. Il est mondialement connu sous le nom de Nelson Mandela. Après avoir combattu, pacifiquement ou non l’apartheid (politique discriminatoire en fonction de la couleur de peau) en Afrique du Sud, il a fait 27 ans de prison, pour devenir le premier président noir de ce pays en 1994.

Il fut d’abord avocat, avant de devenir l’emblème de la lutte contre l’apartheid. Durant une bonne partie de sa vie, il a subi la répression et le harcèlement policiers qui l’ont obligé à vivre dans la clandestinité. Son objectif était de faire respecter les Noirs et les « Coloureds » (formule utilisée par le pouvoir sud-africain pour désigner tous ceux qui n’étaient pas blancs), d’aboutir à la démocratisation.

Depuis l’arrivée des Européens (principalement Hollandais, mais aussi Anglais, Français) à partir du XVIème siècle au sud de l’Afrique, ceux-ci ont chassé les populations indigènes pour s’installer et faire une étape pour l’exploration de l’océan Indien et l’Asie. D’abord colonisée par les Hollandais qui ont imposé leur langue qui a donné l’afrikaner, puis les Anglais qui ont ensuite ajouté la leur. Les populations locales ont conservé les leurs selon les ethnies. D’une manière générale, les Européens ont imposé leurs lois aux populations noires. En clair, la minorité blanche s’est imposée face à la majorité de « coloureds » (populations noires, plus immigrés venus d’Asie du sud-est).

Eduqué par des séminaristes protestants anglais, Mandela est amené à choisir un prénom à consonnance anglo-saxonne. Ce sera Nelson. Il entre à l’université à 20 ans pour étudier l’anglais et l’histoire des civilisations occidentales. C’est en 1941, qu’avec Oliver Tambo (militant anti apartheid), il participe à une première grève et adhère à l’ANC (African National Congress) en 1943. Il se marie en 1944 avec Evelyn Mase qui lui donnera 4 enfants. Pour gagner sa vie et se former, il travaille dans un cabinet d’avocats blancs à Johannesburg. Il finit par être diplômé, après avoir pris des cours par correspondance de l’université de Fort Kane (près du Cap). Mais en 1958, il divorce d’Evelyn Mase, puis épouse Winnie Madituzela qui devient donc Winnie Mandela.

En 1952, Nelson Mandela participe à la rédaction de la charte de la liberté pour l’égalité de tous les Sud-Africains. Il est un adepte de la lutte non violente, conformément à l’idéal de Gandhi, auquel il se réfère. Il mène une campagne de désobéissance civile. Il est arrêté -avec la complicité des services secrets américains – et harcelé par la police, puis finalement acquitté après un long procès. Mais face à la répression, il en arrive à utiliser et préconiser la violence en organisant des attentats, des sabotages. Avec l’indépendance de l’Afrique du Sud, le 31 mai 1961, le pouvoir applique officiellement la politique ségrégationniste de l’apartheid: les Noirs ne peuvent accéder à la propriété, ils sont inéligibles, créations de quartiers noirs dans les villes (townships), mariages mixtes interdits. 

Poursuivant son combat contre ce pouvoir et pour le respect de tous les individus, Mandela finit par être arrêté le 11 juin 1964, condamné à perpétuité et envoyé avec ses camarades de combat dans la prison de de l’île de Robben Island à quelques kilomètres au large du Cap. A ce moment-là, le Commonwealth, ainsi que l’Allemagne, la France, les Etats-Unis prennent leurs distances avec les actions de Mandela. En effet, le monde occidental n’a guère envie de voir l’Afrique du Sud déstabilisée car ce pays est riche en matières minérales…. exploitées à bon compte par des Noirs sous-payés: or (1er producteur du monde), uranium, manganèse, charbon, etc… En outre, l’Afrique du Sud est dans position géostratégique de première importance avec le fermeture de Suez en 1956 puis le gigantisme des supertankers qui ne peuvent pas y passer. Pour aller vers l’Amérique du Nord et l’Europe, ils sont obligés de passer par le Cap de Bonne Espérance. Et il ne faut surtout pas embêter l’Afrique du Sud, des fois qu’elle serait tentée de regarder vers Moscou. Oh, bien sûr, on boycotte les oranges Outspan, les compétitions sportives, notamment le rugby, sport roi et qui est celui des Blancs. L’Afrique du Sud ne sera pas la bienvenue aux JO de Montréal en 1976. En 1974, l’équipe de France de rugby y est allée faire une tournée, mais en imposant un joueur noir (Roger Bourgarel). Celui-ci soulevait l’enthousiasme des Noirs parqués dans un coin du stade, chaque fois qu’il touchait la balle.

Pendant ce temps, Mandela croupit dans sa prison de Robben Island, mais il ne reste pas inactif. Malgré les humiliations, la dureté de la détention, le travail forcé, il en profite pour apprendre l’histoire des Afrikans. Il veut comprendre leur mentalité. Par correspondance, il étudie avec l’université de Londres, dont il sera diplômé. Des échanges ont lieu entre prisonniers. On apprend le poème « Invictus » (invincible) de William Ernest Henley (1849 – 1903). On parle d’université Mandela.  

Le 16 juin 1976, éclatent les émeutes de Soweto, township de Johannesburg. Des élèves noirs se soulèvent, soutenus par « Conscience noire ». Ils se révoltent contre l’afrikans qu’on veut leur imposer comme langue officielle. Bilan : entre 180 et 700 morts ! D’ailleurs, Mandela au pouvoir à partir de 1994, en fera un jour férié. Bien sûr, l’ONU et la communauté internationale condamnent cette violence. En pure perte, car le gouvernement crée des « Vlakplaas », escadrons de la mort. Cela n’empêche pas les émeutes, les guérillas, les sabotages.

En février 1985, il rejette une proposition de liberté conditionnelle du 1er ministre Pieter Botha devenu président. Mandela n’est pas seul au monde. Pour ses 70 ans, en 1988, un concert est organisé à Wembley. Enfin, le 2 février 1990, le président Piet De klerk annonce la libération de Nelson Mandela qui sera effective le 11 février, au bout de 27 ans et 6 mois d’emprisonnement. Dans son discours de libération, il présente son programme : droit de vote à tout le monde, une nouvelle constitution, la fin de la lutte armée. Après des négociations avec Piet De Klerk, tous deux sont désignés prix Nobel de la Paix 1993. En avril 1994, Mandela est élu Président de l’Afrique du Sud. Une nouvelle ère commence. Pas forcément facile. Il s’entoure de 2 vice-présidents : un Blanc, Piet De Klerk, et un Noir, Thabo Mbeki. Le 27 avril est décrété jour férié, comme étant le jour de la liberté. Cette même année, il publie son autobiographie : « A long way to freedom ».

Son avènement marque la fin de l’isolement de l’Afrique du Sud qui devient la « Nation arc-en-ciel ». L’aura de Mandela fait de lui un médiateur dans les conflits que l’Afrique a avec les anciens colonisateurs. Mais dans son propre pays, il fort à faire. Car si la grande majorité (près de 90%) de la population est composée de « Coloureds », c’est la minorité blanche qui détient le pouvoir financier et économique. Conscient et réaliste, Mandela considère qu’il aura besoin de tout le monde pour construire le pays. Mais tout le monde n’est pas d’accord. Certains, profitant d’un président noir, aimeraient régler les comptes avec les Blancs. Mandela s’y refuse, bien entendu. Mais il est accusé de trahison et il faut assurer sa sécurité, pour laquelle il avait symboliquement choisi des Noirs et des Blancs.

Il sait aussi que le rugby est le sport national, mais qu’il est pratiqué presque exclusivement par des Blancs. Or après la libération de Mandela, les fédérations sportives ne boycottent plus l’Afrique de Sud, si bien que celle de rugby lui attribue la coupe du monde 1995. Alors, Mandela entame des négociations avec François Pienaar, le capitaine de l’équipe, un Blanc. Avec lui, et toute l’équipe dans laquelle il y a des joueurs noirs, commencent des tournées dans les townships. Cela se révèle être un grand succès. A l’approche de cette coupe du monde qui doit avoir lieu du 25 mai au 24 juin 1995 (fin d’automne), la tension monte dans le pays et Mandela parvient à rassembler tout le pays, y compris les « Coloureds », derrière l’équipe nationale.

Le jour de la finale, l’Ellis Park Stadion de Johannesburg est plein à craquer, ce qui rend les problèmes de sécurité plus compliqués : pour les joueurs, pour les spectateurs et surtout pour Mandela qui a tenu à assister au match, revêtu du maillot vert de l’équipe avec le numéro 7, celui du capitaine François Pienaar. La finale a lieu contre la Nouvelle-Zélande, autre temple du rugby, mais qui a toujours eu des joueurs de couleur (Maoris) dans son équipe. Pour la première fois, il y a un Noir dans l’équipe d’Afrique du Sud, appelée depuis longtemps Springboks (sorte de gazelle). Le match est âpre, et ce ne fut pas d’une qualité exceptionnelle. L’Afrique du Sud en sort vainqueur. Elle n’aura pas à se plaindre de l’arbitrage. Politiquement, fallait-il absolument que l’Afrique du Sud gagne, histoire de souder ce pays nouveau derrière Mandela qui est à l’apogée de son mandat ? Sportivement, ça se discute…. Enfin, ce n’est qu’une supposition… Avec lui, est née la nation arc-en-ciel, avec le seul drapeau au monde qui inclut 6 couleurs qui ont toutes un sens.

Le mandat de Nelson Mandela commencé le 10 mai 1994, se termine le 16 juin 1999. S’estimant trop vieux, il ne se représente pas (un salut à Biden au passage….). Il a alors 81 ans et Il faut reconnaître qu’il a été quelque peu usé par la vie. Il meurt le 5 décembre 2013, à l’âge de 95 ans. Sa mort provoque une grande émotion dans le monde entier. En Afrique du Sud, 10 jours de deuil sont décrétés. Son corps est exposé dans le stade de Soweto. Son nom est donné, en France à plusieurs établissements scolaires, à des places, à des rues. A l’inverse, on peut regretter qu’une ONG comme Amnesty International, dont l’objectif est de défendre les droits humains, partout dans le monde, et de lutter contre les discriminations, n’ait jamais soutenu Nelson Mandela. Au prétexte que son combat n’a pas toujours été pacifique, sans chercher à comprendre les raisons de l’utilisation de la violence, que Mandela avait longtemps rejetée.

C’est Thabo Mbeki qui lui succède jusqu’en 2008. Même s’il est un ancien compagnon d’armes (et de prison à Robben Island), ce n’est pas le même personnage qui n’a pas le même charisme. Sous ses deux mandats, la situation sociale se dégrade. Des Noirs rêvent encore de prendre leur revanche sur les Blancs. Assassinats, viols se multiplient car les « Coloured » écoutent moins le successeur de Mandela. Il y a de plus en plus d’insécurité en Afrique du Sud qui s’efforce pourtant d’attirer les touristes par ses paysages et ses grands parcs nationaux. Après Mbeki, vient Jacob Zuma, aux idées particulièrement originales pour lutter contre le SIDA qui, comme dans toute l’Afrique, fait des ravages. Il est président jusqu’en 2018. Actuellement, le président est Cyril Ramaphosa.

Dans le calendrier républicain, le 18 juillet est le jour de la chalémie (ancien instrument de musique à vent).

INDÉPENDANCE DE LA BELGIQUE

Le 21 juillet, c’est fête nationale en Belgique, depuis la loi du 27 mai 1890. On y célèbre l’indépendance acquise le 21 juillet 1830.
Ce jour-là, le roi des Belges est Léopold de  Saxe-Cobourg- Gotha (1790-1865) qui est un prince allemand. Il  jure fidélité à la Constitution le 21 juillet 1831. La Belgique  indépendante est donc une monarchie constitutionnelle et  parlementaire. C’est sous Léopold II (1835-1909) qu’a été décrété 
le jour de fête nationale. Cette indépendance a été acquise aux  dépens du royaume des Pays-Bas. 

Au XVIème siècle, les actuels Pays-Bas et la Belgique sont des colonies espagnoles. Les 17  provinces issues de l’époque de Charles-Quint (XVIème siècle) empereur, mais aussi roi  d’Espagne, deviennent les Provinces-Unies. A la suite de la réforme de Luther (après 1517), le  nord (approximativement Pays-Bas actuels) adopte le protestantisme (version Calvin) et le sud  reste catholique.  

Face à l’expansion française (période napoléonienne), les Alliés (adversaires de la France), sous  l’impulsion des Anglais, décident de réunir toutes ces provinces. Le 21 juillet 1814, Guillaume I, d’Orange-Nassau en accepte la souveraineté. Mais cette construction s’avéra instable, car elle  avait été faite sans tenir compte de la séparation religieuse à la suite de la Réforme de Luther.  En outre, on n’avait pas tenu compte non plus qu’il s’était formé deux peuples différents.  L’opposition entre Belges et Hollandais se manifesta à propos de la langue officielle, le  néerlandais, imposé comme langue de l’administration et de la justice entre 1819 et 1822.  

La révolution française de 1830 (3 « Glorieuses des 27-28 et 29 juillet) fut le signal pour les  catholiques associés aux libéraux depuis 1828, de la révolution belge. Celle-ci éclate le 25 août  1830. A la suite d’une bataille dans Bruxelles, l’armée hollandaise doit se retirer. Un  gouvernement provisoire proclame l’indépendance de la Belgique le 4 octobre. Un congrès est  chargé de rédiger une constitution. Les grandes puissances de l’époque (Angleterre, Autriche,  Russie et …France) reconnaissent la séparation le 20 décembre 1830. La constitution est votée  le 7 février 1831. On a proposé comme roi, le duc de Nemours, fils Louis-Philippe Ier, nouveau  roi de France. Bien sûr, les Anglais ne sont pas d’accord. Le congrès désigna alors le prince  Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha, le 4 juin 1831 qui fonda la monarchie parlementaire. C’est le  18 avril 1839 qu’est actée officiellement la séparation entre la Belgique et les Pays-Bas. 

Actuellement, la Belgique est un pays de 30 500 km2, sur lesquels vivent 11,7 millions  d’habitants, ce qui donne une densité élevée : 376 hab/km2(la plus élevée après Malte et les  Pays-Bas). Le taux de natalité est de 11,4%0 (France : 9,7) et le taux de mortalité est de 9,7%0 (France : 10). Le taux de fécondité (nombre d’enfants par femme en âge de procréer, statistiquement de 15 à 48 ans) : 1,8 (France : 1,7). La capitale Bruxelles compte 1,235 million  d’habitants. 

La Belgique a 3 langues officielles : néerlandais, français, allemand. Bruxelles, bien qu’en pays  flamand, est bilingue. La Wallonie francophone, au sud, occupe 17 000 km2(56% du territoire),  avec 3,7 millions d’habitants, soit 32% du total. C’est une monarchie constitutionnelle,  parlementaire. Le pouvoir exécutif se partage entre le roi, actuellement Philippe, depuis le 21  juillet 2018 et le Parlement. Le pouvoir législatif appartient à 2 chambres élues. 

La Belgique fait partie des 6 Etats à l’origine de la construction européenne avec l’Allemagne  fédérale, la France, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas : 

– 23 juillet 1952, création de la CECA- Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier ; – 25 mars 1957 : création de la CEE – Communauté Economique Européenne ; – Bruxelles est de fait la capitale de l’UE, car elle est le siège du Parlement européen (en  partage avec Strasbourg) et de plusieurs instances européennes dont le Conseil  européen (gouvernement de l’UE) et le Conseil de l’Union européenne (réunion des  chefs d’Etat des pays membres).  

Dans le calendrier républicain, le 21 juillet est le jour du melon.

ALCIDE DE GASPERI

 Alcide de Gasperi a été président du Conseil d’Italie de  1945 à 1953. Il est né en 1881, à Pieve Tesino dans le Trentin. A cette  époque, cette province appartenait à l’Empire d’Autriche-Hongrie. 

Avec Robert Schuman et Jean Monnet, on le considère comme un des  pères de l’Europe alors qu’il a grandi en dehors de l’Italie. Néanmoins de  1896 à 1900, étudiant à Vienne, il est membre du mouvement chrétien  social. 

Dès 1904, il y joue un rôle important. Si bien qu’à Innsbruck, il manifeste pour  l’irrédentisme, mouvement suscité par des groupes qui réclament l’intégration dans le  royaume d’Italie de tous les territoires dominés par des étrangers et où vivent des italiens. 

En 1905, Alcide de Gasperi obtient son doctorat de philosophie. La même année, il devient  directeur d’un journal catholique, qui est en fait, le journal du Trentin à partir de 1906. Il est  élu à la Chambre du Parlement austro-hongrois en juin 1911. 

Le 28 juin 1914, c’est l’attentat de Sarajevo (assassinat de l’archiduc d’Autriche par un Serbe  en territoire bosniaque) qui déclenche ce qu’on appellera « la 1ère guerre mondiale ». En  résumé, ce coup de pistolet aura fait plus de 10 millions de morts ! En ce qui concerne Alcide  de Gasperi, il se déclare pour la paix. Mais son avis, comme celui de bien d’autres, n’a pas pesé  lourd. Son journal « Il Trentino » est censuré. En signe de protestation, il a fait publier un  numéro composé…uniquement de pages blanches. Il se consacre alors aux réfugiés de guerre. 

En mai 1918, il signe un texte sur le droit à l’autodétermination des peuples. Et justement  l’Autriche-Hongrie est particulièrement visée. Elle rassemble plusieurs peuples très différents  par la langue, les coutumes, les intérêts, les religions. En effet, on y trouve, outre les Italiens  du Trentin, des Autrichiens bien sûr, des Hongrois, des Roumains, des Bosniaques (depuis  1908), des Tchèques, des Slovaques, des Slovènes et même des Polonais (région de Cracovie). 

Avec le traité de paix de Saint-Germain-en-Laye (20 septembre 1919), l’Autriche-Hongrie  faisant partie des vaincus, doit céder le Trentin à l’Italie. De Gasperi revient en Italie et  s’installe à Rome où il préside le parti populaire, inspiré de l’Eglise. 

Alcide de Gasperi se marie en 1922 et le couple aura 4 filles. Ça c’est pour la vie privée. Mais  sur le plan politique, à partir de 1923, il se lance dans l’opposition au fascisme, face à la  montée de Mussolini, surtout après l’assassinat par des fascistes du député socialiste Giacomo  Matteotti, le 10 juin 1924. 

Fatalement, il est arrêté le 11 mars 1927 (Mussolini avait décrété la dictature le 3 janvier  1925). Il est relâché en 1928. Dans ce contexte, il parvient à trouver un emploi à la  bibliothèque du Vatican en 1929. 

A la chute de Mussolini et du régime fasciste, il est Président du Conseil du dernier royaume  d’Italie. La République est proclamée le 2 juin 1946. Son action permet de limiter les sanctions  contre l’Italie. Si elle perd l’Istrie (au profit de la Yougoslavie), elle conserve le Haut Adige,  Trieste et le Val d’Aoste (qui est francophone).  

Alcide de Gasperi s’attelle à la reconstruction de son pays, bien aidé il est vrai par le Plan  Marshall du 20 septembre 1947. Il signe des accords pour la reconstruction et la reprise  économique. Il reste chef du gouvernement jusqu’en août 1953. Il est convaincu de la  nécessité d’une intégration européenne. En 1950, il répond favorablement à l’appel de Robert  Schuman du 9 mai. Il donne son appui pour la création de la CECA, souhaite un fédéralisme  européen, y compris pour la défense. Ce que la France a refusé. On aimerait en avoir une  aujourd’hui…. 

De Gasperi meurt le 19 août 1954. En 1952, il avait été lauréat du Prix Charlemagne, attribué à  une personnalité qui a œuvré pour la construction de l’Europe. Il a fait partie de ces  visionnaires européens qui n’ont pas été suivis.

MARIE DE GOURNEY

 Le 13 juillet 1645, Marie de Gournay meurt à Paris. 

Elle y est née le 6 octobre 1565. C’était une femme de lettres et  philosophe du XVIème siècle, fille spirituelle de Michel de  Montaigne. Elle a publié la 3ème édition de ses « Essais », œuvre  qui traite de nombreux sujets. Très tôt, elle choisit de vivre de ses propres écrits.  Son père, Guillaume Le Jars, conseiller et trésorier du roi (Henri II)  était propriétaire du château de Gournay/Aronde, dans le Beauvaisis (actuellement dans le  département de l’Oise). Sa mère, Jeanne de Hacqueville, travaillait dans le domaine de la  justice. Marie est l’aînée de 6 enfants. La famille installée à Gournay, lui donne une éducation  très classique pour l’époque : catéchisme, couture…. Mais Marie préfère nettement les livres.  Au point qu’elle apprend elle-même le latin et le grec. Un petit bonjour à nos ados actuels…. 

En 1583, elle a 18 ans et découvre la 1ère édition des « Essais » de Montaigne qui la transporte  d’admiration (la « transisse »). Elle rêve de rencontrer l’auteur. La rencontre a lieu à Paris en  1586. Elle a 21 ans et lui 55 ans, autant dire que pour l’époque, il est déjà vieux. Montaigne  vient faire des séjours au château de Gournay. Avec Marie, ils font des promenades, où elle  raconte cette histoire publiée en 1594 : « Le promounoir de Monsieur de Montaigne ». On dit  qu’ils auraient eu une relation amoureuse. Mais que ne dit-on pas ? En fait, l’ambiguïté vient  de Montaigne lui-même, quand il écrit : « L’aimer beaucoup plus que paternellement », «Je ne  regarde plus qu’elle au monde », «La véhémente façon dont elle m’aime et me désire  longtemps ». On peut au moins parler de coup de foudre intellectuel et d’admiration mutuelle.  Il parle de sa « fille d’alliance ».  

Dans les mois et années qui suivent, ils ne se voient plus, mais continuent de correspondre.  Montaigne meurt le 13 septembre 1592, mais Marie ne l’apprend que 11 mois plus tard. Sa  veuve, Françoise de Montaigne lui envoie une copie manuscrite des « Essais » de 1588 et lui  demande de les publier. Elle en fait paraître la première édition posthume, où elle a ajouté  une longue préface pour défendre les idées de Montaigne.  

Après la mort de sa mère en 1594, Marie voyage en Espagne avec le magistrat Jean d’Espagnet  (1564-1637) et son épouse. Ensuite, elle séjournera 15 mois à Montaigne (en fait Saint-Michel  de Montaigne, situé dans le sud-ouest de l’actuel département de la Dordogne). Elle y  retrouve son épouse et sa fille.  

Mais elle rencontre des difficultés financières et avec son frère Charles, ils doivent vendre la  propriété de Gournay en 1608. Alors, elle vit à Paris où elle suit la politique. Elle fait aussi des  rencontres, comme Henri-Louis de Montimor (1600-1679), érudit et homme de lettres. Marie 

fait aussi la connaissance de Juste Lipse (1547-1606), philologue et humaniste. Celui-ci la présente à toute l’Europe. Mais comme beaucoup de femmes, elle a du mal à être reconnue.  Elle se lance dans des traductions d’auteurs latins, comme Salluste, Ovide, Virgile, Tacite. Elle  écrit des vers sur les chats, sur Jeanne d’Arc, adapte Ronsard (1524-1586). 

Curieusement, elle a été beaucoup calomniée sur son œuvre, mais aussi sur sa vie personnelle.  Néanmoins, il lui reste de vrais amis. Elle a écrit pour Marguerite de Valois, Marie de Médicis,  Louis XIII, Richelieu. En 1622, elle publie « Egalité des hommes et des femmes », puis en 1626,  ce sera : « Grief des Dames » où elle dénonce le sexisme. Contrairement aux femmes de son  époque où les familles arrangeaient les mariages, elle a choisi de rester célibataire et vit de sa  plume. Catholique convaincue, elle est hostile aux protestants (de 1562 à 1598, on est en  pleine guerre de religion). 

Marie de Gournay a légué sa bibliothèque à François de La Mothe Le Vayer (1588-1672),  philosophe et historien. Elle avait hérité de celle de Montaigne. Elle meurt le 13 juillet 1685, à  79 ans.  

Dans le calendrier républicain, le 13 juillet est le jour de la pintade.

CORA PEARL

 Le 8 juillet 1886, Cora Pearl est décédée à  Paris. Elle était née à Plymouth (sud-ouest de  l’Angleterre) le 17 décembre 1836 et s’appelait Eliza  Emma Crouch. C’était une de ces demi-mondaines,  comme il y en eut au XIXème siècle. À son palmarès, elle a  du beau monde dont le prince Napoléon, frère de  l’empereur Napoléon III et le duc de Morny, demi-frère du même Napoléon III.  

Au départ, il y a un problème de falsification de son acte  de naissance, ce qui a créé une certaine confusion. Son  père, Frederick Crouch était violoncelliste et compositeur.  

Mais il abandonne sa famille. Sa mère, Lydie Pearson se trouve alors un autre compagnon. Emma est envoyée dans une école religieuse en France. Elle  sera pensionnaire à Boulogne/Mer (Pas-de-Calais), puis à Calais où elle reste 7 ans. Puis, elle  est hébergée 2 ans, chez sa grand-mère dans l’île de Jersey. Cette mamie la place ensuite chez  une modiste de Londres où elle vit avec un baron. Puis elle prend pour amant, Robert Bignell  qui a 10 ans de plus qu’elle, et surtout qui est propriétaire d’un cabaret londonien. En mars  1858, Bignell la ramène à Paris pour lui faire visiter cette belle capitale. Luirevient à Londres,  mais Emma veut rester à Paris. Et pas seulement pour ses charmes, c’est là qu’elle se  transforme en « femme galante », comme ça pour le simple plaisir charnel. Mais si en plus, elle  peut gagner de l’argent….pour faciliter les choses – et la chose ! – elle a besoin d’un  protecteur, en clair, un proxénète, dénommé Roubise. Ce qui lui permet d’avoir de  nombreuses relations, à tous les sens du mot. Oh, Emma est consciencieuse : elle tient un  registre de ses clients. Elle y note leurs noms, des détails de leur vie intime, de ce qu’elle  apprend sur leur vie privée, et….leurs « performances » ! 

En 1864, pas de chance : Roubise meurt. Emma est libre et doit se débrouiller seule comme  une grande pour trouver des clients. Elle s’installe rue de Ponthieu (VIème arrondissement) avec  une amie : Carole Hassié. C’est à ce moment-là qu’elle prend le pseudonyme de Cora Pearl. Ce  sera son nom de « femme galante », pour ne pas dire vulgairement : prostituée. Mais de luxe,  car elle rencontre du beau monde : Victor Masséna (1836-1910), duc de Rivoli qui la présente  à Achille Murat (1847-1895). Jusqu’en 1867, elle vit avec ces deux hommes , histoire de ne pas  s’ennuyer sans doute. Cora Pearl gravit les échelons, quand en 1864, elle fait la connaissance  du duc de Morny (1811-1865) qui, rappelons-le est le demi-frère de l’empereur. On serait  tenté de rire : forcément, elle devient sa maîtresse et la petite futée, devient aussi amie avec  son épouse. 

Grâce à la générosité du duc, elle peut être locataire du château de Beauséjour qui se trouve  dans un cadre charmant à Olivet, près d’Orléans (Loiret). De 1875 à 1885, elle en sera même  propriétaire. Et là, elle se lâche : elle organise des fêtes, fait des travaux, dépense sans  compter : marbres, cuivres, baignoire en bronze gravée à ses initiales CC (Cora Crouch). Elle  s’amuse à prendre des bains au champagne. Elle fait teindre son caniche en bleu, assorti à sa  robe. Pauvre bête ! Cora est une des premières femmes à se maquiller. Dans les documents  tombés aux mains de la police, on apprend qu’elle était surnommée « la grande horizontale »  ou encore « le plat du jour » ! On voit qu’elle était prête à toutes les excentricités. 

Cela ne l’empêche pas de fréquenter les lieux à la mode, en particulier le « Café anglais »,  restaurant parisien situé boulevard des Italiens (sur les IIème et IXème arrondissements). On  raconte même qu’elle s’y est fait servir nue sur un grand plat d’argent. On dit tellement de  choses, les gens sont méchants…. Lors de dîners entre femmes, enfin entre dames plutôt, elle  aimait montrer ses seins. Comme ça pour le simple plaisir de se mettre en avant. 

Le 10 mars 1865, le duc de Morny meurt. Qu’à cela ne tienne, elle est abordée par un officier  Emmanuel de Grammont de Caderousse pour une relation qu’on dit purement  «professionnelle»! Mais Cora ne perd pas de temps, elle rencontre le prince Napoléon, le  cousin de l’autre. Il est son amant pendant quelques années et lui offre deux hôtels  particuliers. Il n’est pas regardant, le prince.  

Les années de 1865 à 1870 voient Cora Pearl à l’apogée de sa fortune. Mais elle dépense  beaucoup, beaucoup trop. Par exemple, elle achète 60 chevaux ! même si ce sont que des  chevaux crottin et pas encore des chevaux vapeur, c’est déjà une fortune. En clair, elle veut  mener le même train de vie que les hommes qu’elle fréquente.  

Même si elle n’en a pas le talent, elle se produit au théâtre des Bouffes Parisiens (IIème  arrondissement), dans « Orphée aux enfers », une production de Jacques Offenbach (1819 – 1880). Dans le rôle de « Cupidon », elle fait encore preuve de ses extravagances. Sur scène,  elle est seulement vêtue de ses diamants. Chaque soir, un diamant tombe, sans qu’elle ne le  ramasse. « Ce sera le pourboire du machiniste » disait-elle. C’était ça, Cora Pearl. Napoléon III  l’aimait bien. Son œil frisait et sa moustache brillait….ou l’inverse !  

Patatras ! 1870, c’est la guerre contre la Prusse et la défaite rapide. Paris est assiégé. A ce  moment-là, Cora Pearl est à Paris. Généreusement, elle transforme ses hôtels en hôpitaux où  elle fait l’infirmière. Mais lorsque le peuple se révolte et constitue la Commune qui amène une  « semaine sanglante » du 21 au 28 mars 1871, cette fois, elle quitte Paris. Mais elle dépense  toujours plus, tellement qu’elle finit par connaître la précarité. En 1872, Cora rencontre  Alexandre Duval, fils d’un entrepreneur qui avait ouvert une chaîne de restaurants à bon 

marché (eh oui, ça existait déjà). En 1873, Alexandre est à la tête des restaurants. Il n’a que 25  ans et devient son amant. Vous la connaissez : elle va vite le ruiner. Il lui paie l’entretien de son  hôtel et d’une maison de campagne à Maisons-Laffitte (Seine-et-Oise, actuellement Yvelines).  Il lui offre de nombreux cadeaux : voitures avec attelages, un livre relié avec des billets de 100  francs. Si bien que criblé de dettes, la famille d’Alexandre lui coupe les vivres. Cora met fin à la  liaison…. Alexandre ne le prend pas comme ça. Le 19 décembre 1872, il force la porte de Cora  et armé d’un révolver, il fonce vers la chambre où il soupçonne qu’il y a un amant. Il tire et  manque sa cible. Alors dépité, il tente de se suicider…et se manque. Décidément !  

A la suite de ce scandale, Cora est expulsée du territoire français (déjà OQTF ?). Elle se réfugie  – oh pas bien loin – à Monte-Carlo, puis à Nice, enfin à Milan. Une fois partie, ses biens,  meubles sont saisis. Elle porte plainte et finalement, on les lui rend en 1873. Elle vend  Maisons-Laffitte. Elle en profite pour y passer une dernière nuit avec le prince Napoléon ! Elle  revient à Paris et reprend son activité de prostitution, mais ne gagne plus autant d’argent. Elle  n’est plus toute jeune, elle est quinquagénaire. Au XIXème siècle, on est vieux à 50 ans.  

En 1877, Cora Pearl vend son argenterie et se sépare de Beauséjour. Elle est atteinte d’un  cancer de l’estomac. Malgré ça, en 1886, elle inaugure une publication « Les femmes du jour » qui se veut revue littéraire et satirique.  

Le 8 juillet, elle meurt dans son appartement, en grande partie oubliée par tous ceux qui l’ont  honorée ou qu’elle a honorés. Elle est inhumée au cimetière des Batignolles (XVIIème arrondissement). Ses biens sont mis aux enchères.  

On peut citer un extrait de ses mémoires : « Je n’ai jamais trompé personne et je n’ai jamais  été à personne. Mon indépendance fut ma honte et ma fortune. Je n’ai pas connu d’autre  bonheur ». Sa vie a inspiré de nombreux ouvrages. 

 C’était grandeur et décadence d’une « grande horizontale ». Dans le calendrier républicain, le 8 juillet est le jour du parc.

KONRAD ADENAUER

 Konrad Adenauer, né en 1876, a commencé sa carrière  politique sous le République de Weimar (1919-1933) et fut maire  de Cologne, sa ville natale, dès 1917. A partir de 1921 jusqu’en  1933, il est Président du Conseil d’Etat. Il préside la société  coloniale allemande pour la défense de la pensée coloniale.  

Seulement, avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir (30 janvier 1933), il  est arrêté et même interné, après la « nuit des longs couteaux »  (29 au 30 juin 1934, quand les SS ont éliminé les SA). A partir de là,  il devient un fervent opposant au nazisme, jusqu’à sa chute en  1945.  

Le 15 septembre 1949, Konrad Adenauer est le premier Chancelier  de la République Fédérale Allemande (RFA), communément appelée Allemagne de l’Ouest,  issue du partage l’Empire allemand d’Hitler. Il le sera jusqu’au 16 octobre 1963. Il appartient  au CSU-CDU (droite chrétienne et démocratique). Il est partisan – déjà – d’une Europe de la  défense, une CED (Communauté Européenne de Défense). Mais en 1954, elle est rejetée par la  France, notamment par les gaullistes et les communistes. Chacun, pour des raisons diverses,  craint un réarmement de l’Allemagne. 

Le 9 mai 1950, le ministre français des Affaire étrangères, Robert Schuman prononce un  discours afin d’établir une coopération avec l’Allemagne. Il fallait oser cinq ans seulement  après la dernière guerre contre les peuples allemands, conflits qui avaient commencé depuis  les Carolingiens (IXème siècle). On considère que ce 9 mai est la date fondatrice de ce qu’est  aujourd’hui l’Union Européenne.  

C’est ainsi que le 18 avril 1951, naît la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de  l’Acier). En ce milieu du XXème siècle, le charbon est encore l’énergie principale et la France et  l’Allemagne ont de belles ressources. Quant à l’acier, il est encore le matériau de base de  l’industrie métallurgique.  

Le 25 mars 1957 est signé à Rome, la création de la CEE (Communauté Economique  Européenne) par 6 Etats : Allemagne Fédérale, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas.  Dans le même temps est créé l’Euratom pour l’utilisation du nucléaire civil. 

A la suite du putsch d’Alger, le 13 mai 1958, le Président de la République, René Coty, fait  appel à De Gaulle pour former un gouvernement. Quelques mois plus tard, le 15 septembre  1958, il invite le chancelier Konrad Adenauer dans sa résidence privée de La Boisserie, à  Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne). Rencontre privée mais très médiatisée et qui est  restée dans l’histoire (on retrouve la photo dans tous les manuels scolaires). L’objet est de 

renforcer la coopération entre les deux Etats et de jeter les bases d’une Europe solidaire et  pacifique. 

Cette rencontre a été complétée très officiellement par le traité de l’Elysée, le 22 janvier 1963,  De Gaulle étant devenu Président de la République. Cette fois, on confirme la coopération  dans différents domaines : économie, affaires étrangères, éducation. A partir de là, se sont  établis de nombreux échanges entre villes, voire villages de part et d’autre du Rhin. Un bon  nombre existe encore. Le but était aussi de favoriser l’apprentissage du français pour les  Allemands et de l’allemand pour les Français (Erasmus) . Il faut bien avouer que c’est un semi  échec, puisque l’anglais s’est imposé dans les deux pays. 

Si ce traité doit favoriser la coopération, malgré l’amitié que se portent mutuellement De  Gaulle et Adenauer, il reste des divergences dans ce contexte de guerre froide. De Gaulle  souhaite une indépendance vis-à-vis des Etats-Unis et de l’URSS. Or l’Allemagne est coupée en  deux, la partie est, la RDA (République Démocratique Allemande) vit sous le régime  communiste imposé par Moscou. Tandis que la RFA, pour sa sécurité a besoin de la force  militaire américaine. Par ailleurs, Adenauer souhaitait que le Royaume-Uni fasse un jour partie  de l’Europe. De Gaulle y était foncièrement hostile. 

Adenauer fait installer la capitale de la RFA à Bonn, non loin de Cologne, où il a une résidence  (ce devait être temporaire). Il a été désigné chancelier durant 4 législatures (du 15 septembre  1949 au 16 octobre 1963). Il a marqué l’histoire de la jeune RFA et de l’Europe.  

 Konrad Adenauer s’est éteint le 19 avril 1967, à la suite d’une crise cardiaque. Il avait 91  ans. Il fut un ardent artisan de la réconciliation franco-allemande et de la construction  européenne.

CLARA ZETKIN

 Le 5 juillet 1857 est née Clara Eiszner à Wiederau (près de Chemnitz  dans le royaume de Saxe). C’était une enseignante, une journaliste, une  femme politique marxiste, une figure du féminisme socialiste. De 1907 à  1917, elle a été résidente de l’Internationale socialiste des femmes. Elle  adhère à un parti politique : SPD (Parti Social Démocrate), puis à l’USPD  qui a une ligne plutôt spartakiste (mouvement d’extrême gauche, inspiré  

par Spartacus, gladiateur romain qui a mené la rébellion contre la République romaine au Ier siècle avant Jésus-Christ)

 En 1872, la famille s’installe à Leipzig. Clara est inscrite à l’institut Steyber, un des  meilleurs pour l’éducation des filles. Ce qui lui permet d’atteindre un bon niveau d’éducation et  ainsi avoir accès à l’université. A partir de là, elle fréquente les milieux féministes et fait partie  de l’association générale des femmes allemandes. Elle est introduite par une jeune Russe dans  la communauté « Narodnik » (mouvement populaire marxiste russe de la fin du XIXème siècle).  Elle y découvre les idées socialistes révolutionnaires. Elle obtient son diplôme de professeure  de langues étrangères, après la mort de son père en 1875. Elle s’éloigne du féminisme  bourgeois et adhère au SPD : Sozialdemokratische Partei Deutschlands (Parti Social  démocratique Allemand). Or le chancelier Bismarck (1815 – 1898) a interdit ce parti. Sans être  mariée, elle prend le nom de son compagnon Ossip Zetkin (1850-1889), russe membre du  mouvement « Narodnik » venu se réfugier à Leipzig.  

 Elle participe clandestinement à la diffusion du journal du SPD. Mais Ossip est arrêté et  expulsé de Saxe et se réfugie à Zurich. En 1882, Clara et Ossip se retrouvent à Paris. Lui, est  secrétaire du premier mouvement d’ouvriers immigrés de Paris, principalement des Roumains  et des Russes. Clara rencontre Louise Michel (1830-1905), militante anarchiste, Jules Guesde  (1845-1922), leader socialiste, fondateur du parti ouvrier, Laura Marx (1845-1911), militante  socialiste, fille de Karl Marx. Quant à Ossip, il fait la connaissance de Paul Lafargue  (1842-1911), écrivain et responsable socialiste.  

 Clara Zetkin influence l’Union suisse des ouvrières, en opposition avec le féminisme  bourgeois. Au milieu de toutes ces activités, avec Ossip, ils auront 2 enfants : Maxime né en  1883 et Constantin né en 1885. Mais en 1886, elle revient à Leipzig pour se soigner car elle  atteinte par la tuberculose. Trois ans plus tard, Ossip meurt. Néanmoins, elle va à Paris au  congrès de la fondation de la IIèmeInternationale socialiste. Les socialistes sont divisés sur la  question du travail des femmes. S’opposent deux tendances : 

– La vision conservatrice qui considère que la place de la femme est au foyer ; – Emancipation par l’accès au travail, ce qui est la version de Clara. 

Mais le système capitaliste a des conséquences néfastes sur les travailleurs. Elle plaide pour  une union des travailleurs et le KPD (Kommunistische Partei Deutschlands = Parti communiste 

allemand) des travailleuses au sein du socialisme. Or, l’Etat allemand a décrété des lois  antisocialistes. Ce qui aboutit à des grèves violentes en 1890. En 1891, Clara rentre en  Allemagne et crée l’année suivante, un journal : « Die Gleichheit » (« L’Egalité ») dont elle est  rédactrice en chef. Ce journal sera publié jusqu’en 1917. En principe, il doit servir d’éducation  populaire pour les ouvrières. Sous l’Empire allemand, l’adhésion à un parti politique est  interdite aux femmes. Pour contourner l’interdit, elle crée une structure parallèle au SPD et  l’organise. A la tête de ce mouvement, elle place Ottilie Baader (1847-1925), féministe  socialiste, Rosa Luxembourg (1871-1919), militante communiste et théoricienne marxiste et  Hellen Stöcker (1869-1943), militante féministe pacifiste. A chaque congrès du SPD, elle tient à  ce que des femmes soient déléguées. A partir de 1900, la conférence des femmes peut se tenir  hors congrès. Mais elle est critiquée pour son autoritarisme et sa rigidité doctrinaire. Ainsi, elle  s’oppose à Lily Braun (1865-1916) , écrivaine féministe plus modérée. On lui reproche que son  journal contient un vocabulaire pas forcément accessible par la base.  

 Après 1906, les femmes peuvent adhérer à un parti, donc au SPD entre autres. En  1907, Clara organise à Stuttgart, la première conférence internationale des femmes socialistes.  Cette conférence consacre Clara Zetkin qui devient présidente de l’internationale socialiste  des femmes. Elle est même réélue à la conférence de Copenhague de 1910. Elle y propose de  soutenir Alexandra Kollontaï (1872-1952), militante soviétique féministe marxiste. Cette  conférence connaît un certain succès, des militantes viennent de 17 pays. Les objectifs sont de  trois ordres : obtenir le droit de vote, égalité entre les sexes, développer le socialisme. C’est à  la suite de ces actions que le 8 mars est devenu la journée internationale des femmes. 

Après avoir été hostile à la guerre qui s’est déclarée en août 1914, Clara est élue députée du  KPD en 1920 et le restera jusqu’en 1933. Cette année-là voit Hitler accéder au pouvoir (30  janvier 1933), elle doit fuir car le KPD est interdit. Elle part en exil à Moscou où elle meurt  quelques mois plus tard le 20 juin 1933, à 76 ans.  

La postérité est loin de l’avoir oubliée. Il est question d’elle dans tous les manuels  scolaires d’histoire de France et de Navarre. A Moscou, au pied du Kremlin, on trouve sa  tombe parmi les grands personnages de l’URSS. Les billets de 10 marks de la RDA étaient à  l’effigie de Clara Zetkin. Un timbre a été émis pour le 100ème anniversaire de sa naissance.  Berlin a donné son nom à une place. Il y a même eu une rue de 1951 à 1995. A Leipzig, un parc  lui est consacré, ainsi qu’une rue à Eisenach (Thuringe). En France, on ne l’a pas oubliée non  plus. Dans le XIIIème arrondissement de Paris, un jardin porte son nom. A Rennes  (Ille-et-Vilaine), c’est une place. A Montreuil (Seine-Saint-Denis), c’est un square. Elle a une rue  à Montpellier (Hérault) et en Espagne à Séville, une école maternelle à Guyancourt (Yvelines).  Des films et des émissions de télévision lui ont été consacrés. 

 Dans le calendrier républicain, le 5 juillet est le jour de la groseille.

LIANE DE POUGY

 Le 2 juillet 1869 est née à La Flèche (Sarthe),  Anne-Marie-Olympe Lassaigne, dite Liane de Pougy.
Connue  comme demi mondaine, devenue princesse Ghika par son  mariage. Elle a fini religieuse. Elle avait été élevée chez les  sœurs de Ste-Anne d’Auray (Morbihan). Liane de Pougy a  plusieurs cordes à son arc : danseuse, courtisane, femme de  lettres de la Belle Epoque (fin XIX
ème, début XXème siècle), puis  tertiaire dominicaine (laïcs inspirés par la spiritualité dominicaine).
Fille d’officier de cavalerie et d’une mère  d’origine espagnole, le 15 juillet 1886, elle épouse un officier de marine, Armand Pourpe, né  en 1862. Le 17 mai 1887, à Lorient (Morbihan), elle donne naissance à un fils, Marc-Henri qui  sera un des pionniers de l’aviation et qui tombera au début de la guerre, le 2 décembre 1914. 

Le mari de Liane est muté à Toulon. Les marins : ils sont absents longtemps ; alors, elle prend  un amant. Pas content, quand il la retrouve, Armand lui tire un coup de feu dans le bas du  dos ! Liane, pas contente non plus, part à Paris et demande le divorce. Elle a 19 ans, d’où  honte et scandale dans la famille. Le fils, encore petit, est confié aux grands-parents paternels qui sont à Suez, en Egypte.  

A Paris, Anne-Marie prend des leçons de piano, de danse en cabaret et devient une courtisane  très en vue. On dit qu’elle aime le luxe intime d’une « horizontale ». Elle se lie d’amitié avec  Sarah Bernhardt qui lui donne des cours, mais ne lui trouve aucun talent et lui donne ce  conseil perfide : « N’ouvrez la bouche que pour sourire ! ». Elle rencontre Henri Meilhac (1831  -1897), auteur dramatique et d’opérettes. Il est vieux, mais ça ne l’empêche pas d’aimer les  jolies formes ! Et il succombe à ses charmes. En récompense, il la fait engager aux Folies  Bergères (établissement inauguré le 2 mai 1869). Elle y débute en avril 1894, puis joue à  l’Olympia. Aux Folies Bergères, elle fait un triomphe en 1896. L’écrivain en conclut : « La plus  jolie femme du siècle ! ». 

Parmi ses adorateurs, on compte du beau linge : Charles de Mac Mahon (1856-1894) qui est membre de la Chambre des Pairs (Sénat aujourd’hui) et qui sera Président de la République,  Roman Potocki (1851-1915) noble polonais et homme politique, Maurice de Rothschild (1881  -1957), banquier. Tout ce joli monde la couvre de bijoux, lui procure des équipages luxueux,  enfin tout ce qu’il faut pour être une grande courtisane. Sa notoriété grandit encore avec la  concurrence d’une autre célèbre courtisane et chanteuse espagnole, Carmen Otero (1868- 

1965), dite « La belle Otero ». Quant à Liane, elle est connue pour ses bijoux et sa vie  tumultueuse, jusqu’à une tentative de suicide. Elle aurait eu une liaison avec le lithographe  Antonio de Gandera (1861-1917) qui en a fait un tableau, allongée langoureusement sur une 

duchesse (chaise longue capitonnée, avec un dossier) et aussi de nombreux dessins. Jean  Cocteau (1889-1963) la classait parmi les « reines de France ». Lorsqu’elle défilait au grand  restaurant « Chez Maxim’s », les hommes se levaient et la saluaient. 

Selon l’historien Jean Chalon (né en 1935), vers ses 30 ans, elle était ouvertement bisexuelle,  avec des amants des deux sexes. Il la désignait comme une « reine du demi monde ». Parmi  ses relations, on trouve une autre demi mondaine Valtesse de la Bigne (1848-1910), Emilienne  d’Alençon (1870-1945), comédienne et demi mondaine aussi. Et surtout, en 1899, elle  rencontre la jeune américaine Nathalie Clifford Barney (1876-1972), poétesse et salonnière à  Paris. « Un don du ciel, un rayon lumineux qui dore tout sur son passage » dira d’elle, Liane.  Elle écrit à Nathalie des mots on ne peut plus tendres, qu’on ne peut reproduire ici. Elles  envisagent de se retrouver dans l’île de Lesbos où était née Sappho, poétesse de l’Antiquité  grecque. Leur liaison a duré une année. Mais Nathalie n’est pas fidèle et elle va à Lesbos ….avec Renée Vivien (1877-1909), poétesse britannique, surnommée « Sappho 1900 ». On voit  le genre !  

Liane a écrit en 1901 un livre sur sa liaison avec Nathalie, « Idylle saphique ». Cet ouvrage a  eu un grand succès de librairie. À Jean Chalon, elle dira que c’était son souvenir le plus  voluptueux. En 1898, elle a écrit un roman « L’Insaisissable » où elle parle de la courtisane.  Entre 1899 et 1908, elle a une nouvelle idylle saphique. Elle en écrit une comédie :  « L’Enlizement ». Liane écrit encore cinq autres romans où elle décrit la souffrance de la vie de  courtisane. En 1908, elle est au sommet de sa carrière et c’est là qu’elle rencontre Georges  Ghika (1884-1945), peintre roumain et neveu de la reine de Serbie. Ils se marient le 8 juin 1910  en l’église Saint Philippe du Roule. La voilà princesse Ghika. Le mariage est heureux pendant  16 ans, au moment où Ghika la quitte pour une artiste de 23 ans, Manon Thiébaut. Pour se  consoler, Liane retrouve Nathalie Barney. 

En juillet 1904, Liane se retrouve à la direction d’une revue féminine : « L’art d’être jolie », où  elle décrit ce qui fait le charme féminin. Puis à partir de 1919, elle tient un journal qu’elle avait  appelé : « Mes cahiers bleus », où elle décrit sa propre évolution. Elle en enverra, en 1942, une  copie au Révérend Père dominicain Alex-Ceslas Rzewuski (1893-1983). Après lecture, celui-ci  en a conclu qu’elle « n’avait jamais cessé de chercher Dieu ». 

En décembre 1914, son fils unique Marc Pourpe, aviateur tombe au front. Liane en est très  affectée, «la plus poignante des douleurs », dira-t-elle. Mais la vie continue. Dans sa maison de  Roscoff (Finistère), elle reçoit Max Jacob (1876-1944), poète, romancier et peintre et aussi  Jean Cocteau (1889-1963), poète, dramaturge, cinéaste. En 1928, la princesse Ghika s’est liée  d’amitié avec la Mère supérieure de l’asile Sainte-Agnès à Saint-Martin du Vinoux (Isère).

Celle-ci la juge digne d’entrer dans le monde de Saint-Dominique. Si bien que le 14 août 1943,  l’ancienne étoile des Folies Bergères, la demi-mondaine scandaleuse prononce ses vœux en  prenant le nom de Anne-Marie de la Pénitence et vit selon la règle dominicaine (faire le vœu  d’obéissance à l’ordre, de pauvreté, de chasteté, de prêcher dans les couvents, de lutter  contre l’hérésie). Dans cet institut, elle récupère des fonds pour son entretien. Parmi les  donateurs, la couturière Gabrielle Chasnel (1893-1980), dite Coco Chanel, a été  particulièrement généreuse.  

Après la mort de Ghika, le 27 avril 1945, Liane devenue sœur Anne-Marie s’installe à Lausanne  dans une chambre de l’hôtel Carlton (le vœu de pauvreté est un peu oublié). Mais Dieu lui  aura-t-il pardonné ? Elle souhaitait mourir le jour de Noël : elle est décédée le 26 décembre  1950. Elle a été un sujet de l’émission « Secrets d’histoire » de Stéphane Bern (« Les reines de  Paris »). De nombreux auteurs ont écrit sur elle, notamment Jean Chalon : « Portait d’une  séductrice » en 1976 et « Liane de Pougy, courtisane, princesse et sainte » en 1994. Max Jacob  a publié en 1980 : « Lettres à Liane ». Les mémoires de Liane : «Mémoires d’un grande  horizontale » sont sorties en 2021. Il semble que seule la ville de Lorient (Morbihan) ait donné  son nom à une rue, car, en 1921, Liane lui avait un don important de 100 000 francs (qui serait  de 14 500 euros actuels environ) ayant pour but de remercier Lorient d’avoir donné le nom de  son fils, Marc Pourpe, à une rue. Cette somme a servi à construire un parc des sports, inauguré  en 1924. 

Dans le calendrier républicain, le 2 juillet est le jour de la lavande.