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Par JC Steib : Virginia Oldoïni – Copy

Le 22 mars 1837, est née Virginia Oldoïni à Florence. Elle est issue d’une ancienne famille noble de la Spezia, localité proche de la mer Tyrrhénienne, pratiquement en face de la Corse. Elle est mariée à 17 ans (9 janvier 1854) à un écuyer du roi Victor-Emmanuel II, le comte de Castiglione. Elle est réputée pour sa beauté (on dit que c’est la plus belle femme d’Europe), mais aussi pour son charme, son esprit. La comtesse de Castiglione devient une des premières dames de la cour de Turin, capitale du royaume de Sardaigne, qui comprend aussi le Piémont et la Savoie (on parle souvent de royaume de Piémont-Sardaigne). Elle est surnommée la « divina comtessa ». Au point qu’elle sera même la maîtresse du roi. Camillo Cavour, premier ministre du Piémont, et dont elle est une cousine, l’utilise à des fins diplomatiques. L’ambition de Cavour est de réaliser l’unité italienne, car en 1860, il y a des Italiens, mais pas d’Italie, partagée en 7 Etats.   

Elle est donc envoyée à Paris où elle arrive le 25 décembre 1856. Beau cadeau de Noël pour l’Empereur Napoléon III qui la rencontre le 9 janvier suivant…en l’absence de l’Impératrice Eugénie ! Et plus si affinités, comme on dit dans les annonces. Des affinités, il y en aura dans le parc de Saint-Claud, puis à Marne-la-Coquette. Ce qui provoque un scandale car il s’agit d’un double adultère car Virginia est mariée. Elle a même un enfant prénommé Giorgio. Elle n’est pas à son coup d’essai car après Victor-Emmanuel, elle a aussi été la maîtresse des frères Doria (vieille famille noble d’Italie). Donc séduire Napoléon III ne lui pose pas de problème, d’autant que c’est pour la bonne cause du Piémont-Sardaigne. Cela n’en pose pas non plus à l’Empereur, pas insensible aux charmes des femmes. Cela se voit à son œil qui pétille et à sa façon de se lisser la moustache.

Quoi qu’il en soit, grâce à l’aide de la France, les Autrichiens sont obligés de signer l’armistice de Villafranca (près de Vérone) le 11 juillet 1859. Ils sont chassés de la Lombardie. Après ces épisodes, Virginia divorce du comte de Castiglione qu’elle a ruiné par ses dépenses extravagantes. La relation avec Napoléon III durera 2 ans. Il lui reproche de ne pas être assez discrète et de se vanter de leur liaison. Si bien qu’il prend une nouvelle maîtresse. Après son épouse, d’origine espagnole, puis une maîtresse italienne, ce sera une Polonaise : Marianne Walewska, dame d’honneur de l’Impératrice Eugénie. Déjà l’Europe, mais de l’amour !

Dans la nuit du 6 au 7 avril 1857, alors qu’il sortait de chez sa maîtresse, Napoléon III est victime d’un attentat perpétré par des révolutionnaires italiens (les « carbonari »). Heureusement pour lui, il en réchappe. Mais la belle Virginia est soupçonnée. Ce qui lui vaut d’être expulsée. Elle revient peu de temps après et Napoléon III qui ne l’a pas oubliée, lui demande même un service : intervenir auprès de Bismarck pour éviter le conflit avec la Prusse.

Mais, devenue moins intéressée par la politique, profitant de sa beauté, elle pose pour des photos. Lors du bal masqué du 17 janvier 1857, elle porte une tenue plutôt provoquante, avec un collier en forme de cœur qui descend jusqu’au niveau du bas ventre. Ce qui fait dire à Eugénie sarcastique que «pour le cœur, c’est un peu bas ». Après s’être fait photographiée, elle se lance dans une carrière de photographe.

A partir de 1880, elle vieillit mal, elle est malade. Elle n’ose plus se regarder dans un miroir qui lui renvoie une image de sa beauté perdue. Elle a tellement honte d’elle-même qu’elle ne sort que la nuit. Elle meurt le 28 novembre 1899. On peut retrouver sa tombe au cimetière du Père Lachaise.

A sa façon, elle a contribué à l’unité de l’Italie qui s’est achevée en 1870. Enfin presque, puisqu’un minuscule territoire de 44 ha, enclavé au cœur de Rome, est resté indépendant : le Vatican dont le pape a le pouvoir temporel, tout en étant le chef spirituel du monde catholique, soit 1, 376 milliard de personnes.

NB : il y a à Paris, une rue de Castiglione qui est plutôt le souvenir d’une victoire de Bonaparte le 5 août 1796.

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